[scald=101861:sdl_editor_representation]par Catherine Lagrange

YSSINGEAUX, Haute-Loire (Reuters) - Nicolas Sarkozy a célébré jeudi la journée internationale de la femme à l'usine Lejaby d'Yssingeaux, en Haute-Loire, sauvée de la fermeture grâce à une reprise du site par un maroquinier fournisseur du groupe de luxe Louis Vuitton.

Le président de la République, candidat à un second mandat et en déplacement électoral, a salué les "dames de Lejaby", qui fabriquaient de la lingerie de luxe et devraient être sauvées du chômage par cette reconversion.

"On a pu trouver une solution grâce à la formation", a-t-il dit aux journalistes présents. "Les entreprises qui les ont reprises ont pour sept ans de carnet de commande et je viens donc voir non plus des salariées inquiètes mais des anciennes ouvrières du textile qui maintenant sont dans la maroquinerie."

"C'est une belle histoire", a-t-il ajouté. "C'est mieux d'apprendre un nouveau métier que de rester chez soi (...) C'est la journée de la femme. Les salariées de Lejaby l'incarnent bien, la journée de la femme (...) Ces femmes courageuses, qui apprennent un nouveau métier, c'est un beau symbole."

La lutte contre la désindustrialisation est un des thèmes de la campagne présidentielle et les candidats se succèdent sur les sites les plus médiatisés, comme la raffinerie de Petroplus, en Normandie, ou l'aciérie de Florange, en Lorraine.

D'autres ateliers de Lejaby sont menacés et Nicolas Sarkozy, reprenant un instant sa casquette de chef de l'Etat, a assuré que le gouvernement cherchait des solutions pour tous ces sites, ainsi que pour les salariées déjà licenciées.

A Paris, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a fait savoir qu'il avait reçu des représentants syndicaux des sites de Bourg-en-Bresse, Bellegarde-sur-Valserine, Le Teil et Rilleux-la-Pape pour étudier des projets de reprise ou de reconversion, dont certains auront le soutien de l'Etat.

Le site de Bourg-en-Bresse, fermé en 2010, pourrait ainsi voir s'installer une nouvelle marque de lingerie en soie avec une cinquantaine de salariés, projet qui bénéficierait d'une aide à hauteur de 30% des investissements d'équipement, ont annoncé les ministères du Travail et de l'Industrie.

ÉTAPE AU "BISTRO DE BRICE"

Les engagements de Nicolas Sarkozy laissent cependant sceptique Bernadette Pessemesse, déléguée CGT de Lejaby à Yssingeaux.

"Nous n'avons pas oublié la totale inaction du président après le licenciement de 197 salariés Lejaby dans les autres sites en 2010", a-t-elle dit aux journalistes. "Nous refusons cette récupération qui veut faire oublier son bilan catastrophique pour l'emploi."

"M. Sarkozy, vous n'êtes ni le sauveur, ni le défenseur des droits des femmes", a-t-elle ajouté.

Le président-candidat est resté plus d'une heure dans les ateliers d'Yssingeaux, s'arrêtant à chaque poste, plaisantant et posant pour la photo avec les ouvrières.

"Qu'est ce qui vaut mieux ? Changer de métier ? Changer de région ? Ou pointer au chômage?" leur a demandé le chef de l'Etat sortant en défendant l'une de ses propositions : une réforme en profondeur de la formation professionnelle.

"Le droit à la formation de chacun, c'est bien mieux que le droit à l'indemnité chômage. Dans un cas on vit, dans l'autre cas on survit", a-t-il dit.

"Le plus extraordinaire, dans ce que vous faites, c'est que ça va se vendre en Asie", a-t-il ajouté dans une allusion à la nouvelle activité du site.

Avant de gagner Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire, pour participer à une réunion publique, prélude à son grand meeting national de dimanche à Villepinte, près de Paris, il a fait étape à La Chapelle d'Aurec, au café "Le bistro de Brice", où il a discuté pendant 40 minutes avec des femmes.

Il est notamment revenu à cette occasion sur des propos tenus en début de matinée sur les antennes de RMC et BFM à propos de son avenir en cas de défaite à la présidentielle.

"Si je suis battu, j'arrête et je ferai autre chose. Je n'ai pas fait l'Ena (NDLR : l'Ecole nationale d'administration) et je n'ai pas a défendre une situation", a-t-il déclaré.

"Ce que j'ai, je l'ai eu grâce à mon travail, mes efforts, mon mérite", a-t-il poursuivi. Le candidat socialiste "François Hollande, à la même question, il dit, 'je continue', et c'est une conception qui n'est pas la mienne."

Avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse

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