Du Rassemblement National à la France Insoumise, en passant par le gouvernement, des responsables politiques apportent un soutien inattendu à Nicolas Sarkozy, condamné lundi à trois ans de prison dont un ferme pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes".

Marine Le Pen, Gérald Darmanin et Jean-Luc Mélenchon ont réagi à la condamnation de l'ancien président Nicolas Sarkozy.
Marine Le Pen, Gérald Darmanin et Jean-Luc Mélenchon ont réagi à la condamnation de l'ancien président Nicolas Sarkozy. © AFP

"Le charme de la politique !" Ian Brossat est sans doute celui qui résume le mieux les différentes réactions politiques depuis la condamnation de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, ce lundi 1er mars, à trois ans de prison dont un ferme pour corruption dans l'affaire dite des "écoutes". "Ceux qui d'ordinaire dénoncent le laxisme des juges pointent son excessive sévérité, ceux qui habituellement dénoncent la prison lui trouvent subitement des vertus insoupçonnées", ironise l'adjoint communiste à la maire de Paris, cité par Paris Match.

Marine Le Pen "ne souhaite pas" que la justice fasse "la primaire de la présidentielle" 

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Car d'habituels adversaires du sixième président de la Ve République le défendent aujourd'hui. À commencer par Marine Le Pen. Lors d'une conférence de presse improvisée ce mardi à l'Assemblée nationale, la présidente du Rassemblement national, arrivée troisième (17,90%) du premier tour de l'élection présidentielle de 2012, derrière Nicolas Sarkozy (27,18%) et François Hollande (28,63%), a "vivement conseillé" à Nicolas Sarkozy "d'être candidat" à la présidentielle de 2022. "Ce n'est pas aux juges de décider qui est candidat, ce n'est pas aux magistrats d'être chargés d'organiser la primaire de la présidentielle." Elle-même mise en examen pour des emplois présumés fictifs du FN au Parlement européen, Marine Le Pen estime que "dans un certain nombre d'affaires, la justice cherche à influer directement sur l'élection". Le vice-président du RN Jordan Bardella avait lui ironisé dès lundi sur "la République des Juges" et "leurs procédés très contestables". "Si vous doutiez qu'en France, la justice peut être politique, vous avez désormais la réponse", a de son côté lancé l'eurodéputé RN (ex-LR) Thierry Mariani.

Le soutien de Gérald Darmanin choque beaucoup

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C'est une prise de parole qui a étonné autant que choqué sur les réseaux sociaux. Alors qu'il était en déplacement au commissariat d'Alès lundi, dans le cadre de son tour de France pour discuter du Beauvau de la sécurité, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a fait part de "tout (s)on soutien amical" à Nicolas Sarkozy "qui a été un grand président de la République". Le député Aurélien Taché, ancien élu LREM, maintenant Les nouveaux démocrates, s'en est indigné ce mardi sur franceinfo : "Celui qui est en charge de la lutte anti-corruption adresse son soutien à quelqu'un qui vient d'être condamné pour corruption." Pour le député LREM Patrick Vignal, "qu'on aime ou pas Nicolas Sarkozy", cette condamnation "n'est pas bonne pour la démocratie".

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Jean-Luc Mélenchon y voit une justice aux ordres

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Le président du groupe LFI à l'Assemblée nationale est le seul dirigeant de gauche, y compris au sein de son parti, à apporter une forme de soutien à Nicolas Sarkozy. En une seule phrase, publiée sur son compte Twitter, Jean-Luc Mélenchon insinue que l'ancien président de la République fait les frais (sous-entendu, "comme lui"), d'une justice politique : "Sarkozy condamné, Macron débarrassé d'un sérieux rival."

C'est une rhétorique qu'il développe depuis plusieurs mois déjà, lui-même étant visé par plusieurs procédures judiciaires, dont celle sur ses comptes de sa campagne présidentielle de 2017 qui avait donné lieu à des perquisitions houleuses à son domicile et au siège de son parti... Et ayant lui-même été condamné à trois mois de prison avec sursis pour rébellion et provocation. Une décision définitive puisque le leader de la FI n'a pas fait appel.

Une gauche majoritairement discrète 

À part Jean-Luc Mélenchon donc, une multitude de figures de la gauche se gardent bien de commenter la décision de justice. Adrien Quatennens, Alexis Corbière, Daniele Obono, Clémentine Autain, François Ruffin (LFI), Benoit Hamon (Génération.S), Christiane Taubira, Bernard Cazeneuve, Najat Vallaud-Belkacem, François Hollande ou encore Ségolène Royal (PS) restent muets sur leurs comptes Twitter. Il n'y a que chez Europe-Ecologie-Les Verts et au Parti communiste que certains réagissent à la condamnation de Nicolas Sarkozy.

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Pour Julien Bayou, tête de liste EELV aux élections régionales en Île-de-France, "on reconnaît une démocratie à sa capacité à juger ses dirigeant-es". Le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle ironise en reprenant un ancien tweet de Nicolas Sarkozy, publié en mars 2012 : "Il faut que les peines soient exécutées. La non-exécution des peines, c’est l’impunité." Ce que fait également le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, en citant l'ancien président qui, en 2015, souhaitait qu'il n'y ait "pas de mesure d'aménagement de peine pour les peines supérieures à six mois".

La droite entre "stupéfaction" et "tristesse" 

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Moins étonnant, c'est évidemment chez Les Républicains que les réactions à la condamnation du fondateur du parti sont les plus unanimes et nombreuses. "La sévérité de la peine retenue est absolument disproportionnée", estime l'actuel président de LR Christian Jacob, tandis que le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau déplore "une condamnation extrêmement dure dans un dossier particulièrement faible".

Le député du Nord Pierre-Henri Dumont fustige une justice "détournée à des fins politiques, avec le Parquet national financier comme porte-étendard". D'ailleurs, "les choix du PNF ont déjà décidé de la présidentielle en 2017", selon le député d'Eure-et-Loir Olivier Marleix qui fait allusion à l'enquête pour soupçons d'emplois fictifs ouverte contre François Fillon quelques mois avant l'élection. Enquête pas si vide, visiblement, puisqu'elle avait abouti à une condamnation en première instance, en juin dernier, en attendant un prochain procès en appel.

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Toutefois, le patron des députés LR Damien Abad rappelle que la vie de Nicolas Sarkozy "est une succession d'épreuves qu'il n'a eu de cesse de surmonter avec énergie et courage". Selon lui, "il saura le démontrer une nouvelle fois". Dans le même genre, le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand estime que "toutes les voies de recours doivent être utilisées pour qu'il puisse laver son honneur et que toute la vérité soit faite". Dès lundi soir, l'avocate de Nicolas Sarkozy annonçait que l'ancien président allait faire appel de sa condamnation.