la tribune de nicolas sarkozy vivement critiquée par le gouvernement
la tribune de nicolas sarkozy vivement critiquée par le gouvernement © reuters

L'ancien président aurait-il dû rester muet plutôt que d'évoquer la police politique de l'ex-RDA ? Non, pour ses soutiens à l'UMP, qui évoquent une colère saine. Oui, pour le gouvernement, qui sort aujourd'hui l'artillerie lourde pour répliquer.

"C'est du Berlusconi" : le mot est lâché. On l'a entendu notamment dans la bouche du ministre du Travail Michel Sapin, qui estime que "jeter l'opprobre contre une décision de justice, c'est une manière de malfrat, ce n'est pas une manière d'ancien président de la République". Il évoque même un "coup d'État verbal", qui n'est pas sans rappeler les méthodes de Silvio Berlusconi.

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Dans une tribune publiée par Le Figaro (et diffusée également sur la page Facebook de Nicolas Sarkozy), l'ancien président dénonce une "violence inédite" à son égard et accuse indirectement l'exécutif et les ministres de la Justice et de l'Intérieur de violer des "principes fondamentaux".

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Il y évoque aussi la mémoire de la police politique de l'ex-RDA, la Stasi, comparant la façon dont il a été écouté dans le cadre d'une information judiciaire pour "trafic d'influence" avec les méthodes du service d'espionnage est-allemand.

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Berlusconien

"Insupportable", pour Jean-Marc Ayrault, repris en choeur par plusieurs ministres et responsables socialistes. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a lui aussi estimé que Nicolas Sarkozy s'était lancé dans une "lutte d'inspiration berlusconienne" contre les magistrats, rappelant qu'il s'en était également pris au Conseil constitutionnel qui a annulé ses comptes de campagne de 2012.

Lorsqu'il engage le bras de fer avec les magistrats comme l'a fait M. Silvio Berlusconi, nous savons qu'il finira par perdre, parce que M. Berlusconi pendant toute sa carrière a commis des infractions, il a été condamné, les magistrats ont fait appliquer la loi de façon indépendante. C'est une lutte berlusconienne parce qu'il a fait croire à l'opinion publique qu'il était victime d'acharnement, mais il n'y a nul acharnement, c'est l'application de la loi.

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Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, dénonce lui l'outrance des propos, au micro de Nathalie Rodriguez

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a estimé sur BFM TV sur le fait que Silvio Berlusconi avait été le "seul chef d'Etat européen" qui ait tenté de faire pression sur la justice de son pays avant Nicolas Sarkozy.

Bref le contrefeu a été immédiatement entamé par la majorité, Cyril Graziani

À droite évidemment on défend l'ancien chef d'État. C'est le cas notamment de Jean-François Copé, président de l'UMP, qui juge "indispensable que Nicolas Sarkozy réponde comme il l'a fait alors qu'il était l'objet d'attaques incessantes. Je vois la manière dont réagit ce gouvernement qui une nouvelle fois fait la démonstration qu'il a bien cherché à instrumentaliser cette affaire."

Les chefs de la police d'aujourd'hui ont été mis en place par Nicolas Sarkozy

Réactions indignées également du côté de la police et de la justice. De nombreux magistrats ont immédiatement nié toute instrumentalisation politique de leur action. L'Union syndicale des magistrats refuse toutefois la querelle sur le sujet, en estimant que "toute polémique ne pourrait qu'accréditer dans l'opinion publique l'idée d'un prétendu complot des juges. L'USM exhorte chacun à laisser la justice poursuivre les enquêtes en cours dans la sérénité, hors de toute pression, tentative de déstabilisation ou instrumentalisation."

Eric De Montgolfier, procureur de la République à la retraite depuis quelques mois, a déjà mené plusieurs affaires politico-financières. Il s'indigne des accusations contre la justice de Nicolas Sarkozy (au micro de Benoit Collombat)

Colère aussi des policiers, comparés à ceux de la Stasi. Jean-Marc Bailleul, du SCSI (majoritaire chez les officiers de poolice) se dit indigné par cette comparaison.

Il était l'invité de Claire Servajean dans le journal de 13h et rappelle que la façon de travailler de la police, largement mise en place par Nicolas Sarkozy, n'a pas changé avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir

Quant aux affaires pour lesquelles Nicolas Sarkozy est sous le regard des juges, elles seraient selon le principal intéressé inexistantes. L'ancien chef de l'Etat se dit totalement innocent, et ce dans tous les dossiers judiciaires le visant. Il évoque la "prétendue affaire Karachi" ou le "supposé financement" de sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi.

Sarkozy et ses juges
Sarkozy et ses juges © IDÉ
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