[scald=68903:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

GIMONT, Gers (Reuters) - Après avoir sonné la charge contre l'accord électoral entre les socialistes et les Verts sur le nucléaire, Nicolas Sarkozy s'en est pris une nouvelle fois aux écologistes mardi, stigmatisant leurs positions "sectaires" sur l'agriculture.

En déplacement dans le Gers, où il a visité une ferme avant de présider une table ronde sur l'agriculture, le chef de l'Etat a critiqué dans le même temps, dans une allusion apparente au Front national, "ceux qui vous (les agriculteurs) montent contre l'Europe".

"Il ne faut pas opposer l'environnement et les agriculteurs", a-t-il dit, en estimant que le secteur avait, dans ce domaine, "joué le jeu du changement et de la raison" en faisant évoluer ses pratiques.

"Je ne comprends pas cette maladie d'opposer les agriculteurs à une autre partie de la société", a-t-il ajouté en critiquant, sans les nommer, les écologistes qui dénoncent les pratiques du monde agricole, notamment son recours intensif aux pesticides.

"Qui souffre dans sa santé les premiers des pesticides, si ce n'est les agriculteurs ? Qui sont les premiers à préserver l'environnement, si ce n'est ceux qui vivent dans la ruralité et qui se sont battus tous les jours pour que les terres de leurs parents restent exploitées et aménagées?", a-t-il demandé.

À LA RECONQUÊTE DE L'ÉLECTORAT AGRICOLE

Nicolas Sarkozy a engagé depuis deux ans une opération de reconquête de l'électorat agricole, qui avait voté très majoritairement pour lui en 2007 mais avait ensuite déserté l'UMP lors des scrutins intermédiaires.

Il a donné le ton de cette reconquête en déclarant lors du salon de l'agriculture 2010, pour la plus grande satisfaction des syndicats agricoles majoritaires, que l'environnement, vu comme une source de contraintes par beaucoup d'agriculteurs, "ça commence à bien faire".

Mardi, il a rendu hommage aux syndicats agricoles "qui ont compris qu'il fallait arrêter avec les positions caricaturales parce qu'elles vous ont fait beaucoup de mal dans le passé".

Il leur a opposé les "sectaires" issus d'un "petit courant de pensée qui pense que l'être humain est un gêneur, que la terre serait tellement plus heureuse si les hommes ne vivaient pas, ne travaillaient pas, ne mangeaient pas, ne buvaient pas".

"Et quand je dis les sectaires, vous voyez bien ce que je veux dire !".

"Il y a en d'autres aussi, ceux qui vous montent contre l'Europe. Il y a des tas de choses qui peuvent vous agacer en Europe mais s'il y avait pas la politique agricole commune il n'y aurait pas d'agriculteurs français", a-t-il ajouté.

La semaine passée, Nicolas Sarkozy avait déjà sévèrement critiqué les Verts ainsi que le PS, à la suite de leur accord électoral qui prévoit la fermeture de 24 réacteurs nucléaires en France, accusant les opposants à cette énergie d'être hostiles au progrès et pour un retour au Moyen-Age et à la bougie.

Edité par Yves Clarisse

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