[scald=93589:sdl_editor_representation]par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Lancement d'un profil dernier cri sur Facebook en fin de semaine dernière, ouverture d'un compte Twitter quelques heures seulement avant l'annonce attendue de sa candidature: Nicolas Sarkozy accélère sa campagne sur les réseaux sociaux.

Après avoir cultivé le suspense pendant des semaines sur le moment où il se déclarerait candidat à l'élection présidentielle, c'est sur Twitter que le chef de l'État a choisi de sortir de son silence, en confirmant sa présence mercredi soir au journal de 20h00 de TF1.

Pour un responsable de l'UMP, c'est "une confirmation supplémentaire" de la "forte présence" de Nicolas Sarkozy sur le web.

Mais pour Arnaud Dassier, conseiller de l'UMP et de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007, "c'est plus signifiant au niveau d'internet que vis-à-vis de Nicolas Sarkozy".

"C'est un peu la consécration d'internet, tout ça, parce qu'on se rend compte qu'aujourd'hui, les candidats vont sur Facebook et sur Twitter avant même d'être candidat, c'est là que la campagne commence", estime celui qui participe aujourd'hui à la campagne numérique de François Bayrou.

"TIMELINE"

L'UMP a lancé l'offensive vendredi dernier, en rendant public sur Facebook un nouveau profil du président de la République, sous la forme d'une "timeline" qui retrace 38 ans de sa carrière politique avec photographies, vidéos et extraits de discours à l'appui.

Le parti de la majorité a voulu créer ainsi une "biographie numérique" du chef de l'Etat. Un travail de longue haleine qui a commencé en novembre dernier, explique un responsable du parti.

"La timeline qui a été faite, elle est remarquable, c'est un travail de dentelle et d'orfèvre", estime Benoît Thieulin, président de la Netscouade et responsable de la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007.

Signe que la campagne est bel et bien lancée sur le net: tout en étant saluée par de nombreux acteurs du web, cette "timeline" a suscité la polémique, certaines personnes soupçonnant Facebook d'avoir aidé l'Élysée à la développer.

Sur son site internet, L'Express va jusqu'à se demander si Facebook "roule" pour Nicolas Sarkozy, estimant qu'un "travail discret" entre Facebook et l'Élysée existe depuis octobre.

AIDE DE FACEBOOK À L'ÉLYSÉE ?

"Il y a visiblement eu un degré d'échange (entre Facebook et l'Élysée) plus poussé qu'habituellement. Il faut que Facebook et l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy éclaircissent cette question", estime Vincent Feltesse, responsable de la campagne numérique du candidat socialiste, François Hollande.

"Si un grand groupe commence à prendre parti, ça change fortement la nature de ce que sont les réseaux sociaux", ajoute-t-il.

L'Élysée dément et assure que Nicolas Sarkozy n'a "absolument pas été avantagé par Facebook, ni techniquement, ni éditorialement".

Le géant des réseaux sociaux répond pour sa part que "les équipes de Facebook sont régulièrement en contact avec de nombreuses personnalités publiques, y compris les partis politiques".

Mark Zuckerberg, fondateur et directeur général de Facebook, a présenté la fonctionnalité "timeline" le 22 septembre dernier.

A la suite de cette annonce, l'UMP s'est créé un accès développeur pour réaliser le nouveau profil de Nicolas Sarkozy, précise-t-on à l'Élysée. N'importe quel autre parti aurait pu faire la même chose, souligne un responsable.

Mais ce format, qui présente un candidat et une carrière, ne correspond pas, dit Vincent Feltesse, à la stratégie de François Hollande, qui souhaite mettre en avant d'abord un projet.

Entre une "timeline" innovante sur Facebook et ce qui s'apparente à un début d'annonce de candidature sur Twitter, Nicolas Sarkozy a donc tenu à soigner son image sur le web avant de se lancer officiellement dans la course à sa réélection.

Mais, nuance Benoît Thieulin, "on est quand même sur du classique, dans une campagne électorale, il n'y a plus de grande innovation à être présent sur Facebook et Twitter".

"La question va être de savoir ce qu'il fait de ces outils (...) Si Nicolas Sarkozy tweete lui-même durant cette campagne ce sera sûrement une nouveauté".

Edité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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