PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy entre jeudi en campagne électorale avec pour slogan "la France forte" et l'obligation de combler un retard considérable sur le candidat socialiste François Hollande, 66 jours avant le premier tour du scrutin, le 22 avril.

Le président sortant, qui a confirmé mercredi soir qu'il briguerait un second mandat, participera ce jeudi soir à une première réunion publique à Annecy (Haute-Savoie).

La machine électorale se met en route, par Jean-François Achilli :

"On entre vraiment dans la phase active et importante de cette campagne", s'est réjoui jeudi le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé sur Europe 1. "C'est pour cela qu'on attendait avec impatience cette entrée en campagne".

La fin d'un faux suspense et le début de la vraie campagne : voilà comment la presse française interprète ce jeudi l'annonce par Nicolas Sarkozy de sa candidature.

"Au sens strict, ce n'est pas un événement: tout le monde avait compris, en dépit des contorsions rhétoriques, du double langage et des petites phrases faussement ingénues que le président était, de fait, en campagne", écrit Nicolas Demorand, de Libération.

L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a trouvé Nicolas Sarkozy "peu convaincant" et "peu convaincu."

"C'est ce que j'appellerais la candidature négative", a-t-il dit jeudi sur RMC et BFM-TV. "On ne comprend pas pourquoi, avec lui, la France serait plus forte qu'avant".

"LA FRANCE FORTE"

Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi soir sur TF1 vouloir "redonner la parole aux Français" en recourant largement à l'instrument du référendum lors d'un second mandat.

Le président sortant a ainsi donné le véritable coup d'envoi d'une campagne qui paraît de plus en plus se résumer à un duel avec le favori des sondages, le candidat socialiste François Hollande.

Le regard fixe, un léger sourire aux lèvres, Nicolas Sarkozy pose, sur son affiche de campagne, devant une mer calme avec, dans un ciel bleu, son slogan en lettres blanches : 'La France forte".

L'adresse internet qui figure sur l'affiche, www.lafranceforte.fr, renvoie sur le site du candidat, www.NS2012.fr. En première page, l'affiche y figure avec les mots : 'Oui, je suis candidat".

Ségolène Royal, adversaire socialiste de Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007, a jugé le slogan du président sortant "artificiel".

"Jamais la France n'a été aussi affaiblie", a-t-elle dit sur RTL. "La France serait plus forte si elle était plus juste, elle serait plus forte si il y avait un destin collectif."

Pour Jean-François Copé, les adversaires de Nicolas Sarkozy sont "déconnectés de la réalité du monde".

"Dans le discours d'hier (mercredi) soir, on a un président de la République qui a lancé un grand rendez-vous aux Français, en les invitant à être courageux, rassemblés et généreux", a dit le patron de l'UMP sur Europe 1.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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Lien image Sarkozy © Radio France
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