[scald=97409:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a récusé lundi l'étiquette de "président des riches" qui lui est accolée par ses détracteurs depuis le tout début de son quinquennat et riposté en évoquant les relations de François Hollande avec des personnalités de la finance.

Invité de RTL à 55 jours du premier tour de l'élection présidentielle, il s'est dit victime d'un "procès en sorcellerie", notamment de son adversaire socialiste, qui a fait de "la finance" son principal adversaire dans la campagne.

"C'est (...) un procès habituel qui permet de masquer le manque de propositions", a-t-il dit.

"C'est moi qui suis l'ami de M.(Pierre) Bergé, propriétaire du Monde, financier revendiqué de François Hollande ? C'est moi qui suis l'ami d'un banquier de Lazard, M.(Matthieu) Pigasse, richissime, mettant l'ensemble de ses moyens au service de Dominique Strauss-Kahn d'abord, puis de François Hollande ?"

Il a souligné que la compagne du candidat socialiste, la journaliste Valérie Trierweiler, travaillait dans une ex-chaîne de télévision de Vincent Bolloré - Direct 8, que l'homme d'affaires a revendue à Canal+.

"Est-ce que le fait de travailler dans le groupe de M. Bolloré crée un sentiment de dépendance du candidat socialiste à l'endroit de M. Bolloré ? La réponse est non, je ne lui ferai pas ce procès, j'aimerais qu'on ne le fasse pas à moi !"

En 2007, le chef de l'Etat avait été critiqué pour avoir effectué en famille une brève croisière sur le yacht du même Vincent Bolloré, après son élection.

ÉDUCATION

Réponse de Valérie Trierweiler sur Twitter : "Nicolas Sarkozy ne sait pas ce qu'est le journalisme indépendant."

Elle ajoute être fière d'animer l'émission culturelle "Itinéraires" sur Direct 8, où elle a reçu des artistes comme Joey Starr, Djamel Debbouze et José Garcia.

Le président-candidat a effleuré ce qui devrait être le thème central de sa campagne cette semaine et de son prochain grand meeting, mardi à Montpellier : l'éducation.

Il s'est prononcé pour une "revalorisation d'urgence" de la situation des enseignants et une redéfinition de leur métier passant par une augmentation de leurs heures de présence.

"J'aurai l'occasion de faire des propositions fortes", a dit Nicolas Sarkozy, qui a rejeté toute idée d'augmentation du nombre d'enseignants et attaqué les propositions de François Hollande en la matière.

Non sans critiquer au passage les syndicats de l'Education nationale - "On ne peut pas dire que ce soit une force absolue tournée vers le changement en marche", a-t-il dit.

Il a de nouveau défendu sa proposition de recours au référendum, notamment sur des sujets comme l'indemnisation et la formation des chômeurs ou le contrôle des immigrés illégaux.

"Je vois que tous les jours il y a quelqu'un, un candidat, qui propose un référendum. Ça ne devait pas être si stupide que ça", a-t-il dit, allusion au candidat du MoDem, François Bayrou, qui en propose un sur la moralisation de la vie publique.

Nicolas Sarkozy a en revanche exclu, s'il est réélu, de soumettre à une consultation de ce type le nouveau traité européen sur la stabilité budgétaire, la coordination et la gouvernance dans la zone euro.

FLORANGE ET RÉUNION

Il a remis sa casquette de président de la République pour confirmer que l'Etat était prêt à investir 150 millions d'euros dans un projet européen de démonstrateur de capture de CO2 sur le site sidérurgique de Florange, en Moselle.

Il a aussi assuré que l'Etat était prêt à mettre la main à la poche via le Fonds stratégique d'investissement pour financer les travaux nécessaires au redémarrage des hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange.

Le PS a aussitôt dénoncé de "fausses promesses".

"De qui se moque-t-on ? Cette somme de 150 millions d'euros a déjà été promise à plusieurs reprises, notamment par le ministre de l'Industrie, Eric Besson", a ainsi déclaré la députée socialiste de Moselle Aurélie Filippetti.

Quant au FSI, poursuit-elle dans un communiqué, il était jusqu'ici destiné à financer des entreprises en croissance et non en difficulté : "A deux mois de l'élection, le président-candidat change donc radicalement la doctrine d'investissement du fonds : pourquoi ne l'a-t-il pas fait auparavant ?"

Sur place, un porte-parole de la CFDT, Frédéric Weber, a qualifié les déclarations du chef de l'Etat de "poudre aux yeux" : "Il parle de 150 millions d'euros. Ça fait plus d'un an qu'on connaît ça. Avec de l'ancien, il fait du neuf."

Avec Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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