[scald=110321:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a invité samedi la jeunesse à s'inspirer des valeurs de la génération de la Résistance pour oser, créer et tirer un trait sur 30 années de pensée unique et de dérives qui ont plongé le monde dans la crise, afin de l'aider à construire "une France forte dans une Europe forte".

Le président candidat s'exprimait devant plusieurs milliers de jeunes rassemblés dans un hall du parc des Expositions de la porte de Versailles à Paris, à trois semaines du premier tour de la présidentielle.

Pour cet exercice obligé de toute campagne électorale, le meeting avec les jeunes, il a eu recours au lyrisme dans un discours aux allures de leçon d'histoire et de morale qui portait la marque de sa plume habituelle, son conseiller spécial Henri Guaino.

Il a invoqué aussi bien le général de Gaulle, le pape Jean-Paul II, les mots d'une rescapée d'Auschwitz que Rimbaud et le révolutionnaire Saint Just pour inviter la jeunesse à l'action et à ne laisser "personne écrire votre Histoire à votre place".

Il a pris comme modèle la génération de la guerre, "transcendée par l'épreuve", qui a su faire la paix, construire l'Europe, permettre les "Trente glorieuses", créer la sécurité sociale et donner le droit de vote aux femmes, avant d'invoquer comme repoussoir la période qui a suivi mai 1968.

"Ont suivi 30 années de pensée unique, d'aveuglement, de désordre monétaire, de mondialisation sans règle, de spéculation, de laxisme financier, de dévalorisation systématique du travail, de dépréciation du mérite, d'affaiblissement de l'autorité, de relâchement", le tout générant des "crises sans précédent qui ont fait passer le monde au bord du gouffre".

UNE BANQUE DE LA JEUNESSE

A partir de là, il a défendu plusieurs des mesures qu'il propose depuis le début de la campagne pour une France et une Europe qui protège ses entreprises et contrôle son immigration.

Il n'a fait aucune allusion directe au chômage des jeunes, réaffirmant seulement sa volonté de généraliser l'apprentissage, y compris dans l'administration, et indiqué sans autre précision son intention de doubler les effectifs du service civique.

Ceux-ci s'élèvent pour l'instant à plus de 22.000 et le gouvernement avait pour ambition de signer 25.000 contrats en 2012 et 75.000 à partir de 2014. Le candidat socialiste François Hollande a retenu pour sa part un objectif de 100.000 contrats.

La seule véritable annonce du discours de Nicolas Sarkozy a été celle de la création d'une "banque de la jeunesse" qui permettrait de financer, sous forme de caution, des projets d'étude, de formation ou d'entreprises.

Bernadette Chirac, l'épouse de l'ancien président de la République, et l'ex-ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo étaient au premier rang des invités pour cette intervention au cours de laquelle il n'a pas fait preuve de la même virulence vis-à-vis de l'opposition que lors de ses sorties précédentes.

Sans les nommer, il a néanmoins stigmatisé les socialistes, quand il a dénoncé dans les opposants à Hadopi, la loi qui protège la création sur internet, des "démagogues", des "apôtres du jeunisme (...) tous ceux qui n'ont que la lâcheté en eux".

Edité par Marine Pennetier

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