Depuis quelques temps, l'ex-président de la République s'active en coulisses auprès de sa famille politique. Lundi soir, il montera même sur scène soutenir la candidate parisienne Rachida Dati. Dans un lieu très symbolique pour la droite, la salle Gaveau, là où il avait fêté sa victoire à la présidentielle en 2007.

Nicolas Sarkozy, lors des voeux de Guillaume Peltier, vice-président LR, en janvier.
Nicolas Sarkozy, lors des voeux de Guillaume Peltier, vice-président LR, en janvier. © AFP / Guillaume Souvant

Lors de la récente campagne des européennes, Nicolas Sarkozy était le grand absent des meetings. Un colistier se souvient, "François-Xavier Bellamy était allé lui réclamer plusieurs fois son soutien officiel, mais il n'a jamais accepté, il n'aimait pas son côté conservateur".

Pour ces élections municipales, donc, changement de cap. Nicolas Sarkozy et le patron du parti Christian Jacob sont très régulièrement en contact. Geste très symbolique, l'ancien président est même venu déjeuner il y a quelques jours au siège LR, ce qu'il n'avait pas fait depuis quatre ans. 

Coups de fil et visites de soutien

Au fil de l'eau, les deux hommes s'entraident, explique la direction. À la demande de Christian Jacob, Nicolas Sarkozy est donc intervenu dans plusieurs dossiers sensibles

  • À Marseille, où il a incité le président de région Renaud Muselier à soutenir officiellement Martine Vassal contre son ami, le dissident Bruno Gilles.
  • À Paris aussi, où l'ancien président aurait passé plusieurs coups de téléphones à Philippe Goujon, maire sortant du 15ème, qui mène une liste dissidente et n'a pas voulu prêter allégeance à Rachida Dati.
  • Intervention encore de Nicolas Sarkozy à Perpignan où il ira jeudi soutenir le maire sortant Jean-Marc Pujol, menacé par le RN Louis Alliot, en tête dans les sondages.

Faiseur de roi

Alors, pourquoi une telle implication? Question de personnes d'abord. "Il s'entend bien avec la nouvelle direction. Avec Laurent Wauquiez, ça ne passait pas", répond un cadre du parti. "Estrosi, Baroin, Dati, ce sont ses amis... C'est normal qu'il s'implique dans leurs campagnes", indique un autre.

"Il voit aussi qu'on s'est remis au travail, il suit avec intérêt nos conventions", abonde un député "et surtout, il veut préparer l'alternance à Macron". 

Terminée la petite musique selon laquelle l'ex-président voudrait revenir lui-même aux affaires. Désormais, celui qui ne manque jamais de flatter François Baroin en public, est davantage perçu comme un faiseur de roi... Et de reine ! Espérant peser de tout son poids électoral lundi soir pour faire élire Rachida Dati. "Elle le bluffe, c'est une battante, comme lui", sourit Agnès Evrèn, candidate LR dans le XVe arrondissement de la capitale. 

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