[scald=108903:sdl_editor_representation]par Guillaume Frouin

NANTES (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé mardi qu'il présenterait un programme chiffré la semaine prochaine et fait un geste envers son ancien ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, dont il a repris une proposition pour venir en aide à des enfants en grande difficulté.

Le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, a jusqu'à présent distillé ses propositions au fil d'interviews dans les médias ou dans des réunions publiques mais sans les replacer dans un projet présidentiel d'ensemble.

Lors d'un meeting à Nantes, il a déclaré qu'il présenterait un "projet global avec financement (...) la semaine prochaine".

Il a précisé qu'il comprendrait une mesure visant à aider les enfants de maternelle et de l'école primaire "en perdition" et leurs familles, inspirée d'une proposition de Jean-Louis Borloo, qui assistait au meeting après s'être rallié à la candidature de Nicolas Sarkozy le 10 mars dernier.

"Beaucoup d'enfants, peut-être 100.000 sur une génération de 750.000 chaque année, ont des difficultés trop lourdes pour que l'enseignant puisse les aider et les parents sont souvent trop démunis pour y faire face", a-t-il expliqué.

"Si nous traitons les difficultés de ces milliers d'enfants chaque année, dès la maternelle, dès le primaire, nous avons une chance de les sauver pour la République", a-t-il ajouté. "Si nous ne les traitons pas à ce moment-là, nous n'avons aucune chance de les réintégrer durablement dans la société."

Jean-Louis Borloo propose de créer des "conseils de soutien" regroupant tous ceux qui peuvent venir au secours des écoliers en très grande difficulté et de leurs parents.

Une idée reprise par Nicolas Sarkozy, qui a promis de doter ces conseils, par l'intermédiaire de chaque directeur d'école, d'une enveloppe de crédits permettant de financer l'intervention de tous les spécialistes nécessaires.

"UNE ÉCOLE DE L'AUTORITÉ"

"En sauvant ces enfants en perdition, nous sauverons l'équilibre de notre société", a-t-il fait valoir. "Ça coûte beaucoup plus cher de ne pas s'en occuper et de les retrouver éduqués par la loi de la rue, par la drogue, par la désespérance, par le suicide ou par la délinquance."

Mais le chef de l'Etat a également promis de rétablir une "école de l'exigence (.) et de l'autorité".

"L'impunité, c'est l'assurance qu'il n'y aura pas d'apprentissage et pas de retenue, c'est la voie grande ouverte à la loi des voyous et des caïds", a-t-il expliqué. "Le maître d'école qui ne punit pas l'enfant fautif ne lui rend pas service. Le juge pour enfants qui ne punit pas compromet les chances de l'adolescent qui s'est mal comporté."

Jean-Louis Borloo, qui avait auparavant accompagné Nicolas Sarkozy à Guérande, participait pour la première fois à un meeting du président-candidat dans cette campagne 2012.

Le chef de l'Etat et son ancien ministre avaient scellé leurs retrouvailles vendredi à Valenciennes, la ville dont Jean-Louis Borloo a été maire, dans le Nord.

L'ancien ministre de l'Ecologie, qui avait pris ses distances avec le président de la République fin 2010 après avoir été déçu dans ses espoirs d'être nommé Premier ministre, entend être une sorte de caution sociale du candidat.

Selon un membre de l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, son projet sera diffusé sous forme d'un livret en préparation.

Guillaume Frouin avec Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse

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