[scald=104537:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry

SUIPPES, Marne (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui a récemment réalisé une poussée dans les sondages, a provoqué à distance jeudi son rival François Hollande, ironisant sur la fébrilité qui, selon lui, gagne le camp socialiste à 38 jours de l'élection présidentielle.

"Dites-moi, j'ai l'impression qu'il y a des candidats qui s'énervent, il ne doit pas faire bon pour tout le monde", a déclaré le chef de l'Etat sortant, en marge d'une visite d'une usine métallurgique à Suippes (Marne).

Prié par les journalistes de dire à qui il faisait allusion, Nicolas Sarkozy, qui brigue un second mandat, a répondu : "Au même que vous. C'est les images que je vois. Il n'y a pas besoin de s'énerver, de se tendre, de vouloir être méchant et agressif."

Faisant allusion au meeting tenu par François Hollande mercredi soir à Marseille, il a également ironisé sur l'attitude de son rival alors que l'écart entre les deux principaux candidats se resserre dans les sondages.

Dans une étude CSA pour BFM-TV, RMC, 20 Minutes et CSC diffusée mercredi, ils seraient tous les deux à égalité au premier tour de la présidentielle avec 28% des voix et le candidat socialiste perdrait une partie de son avance au second.

Mardi, dans une enquête de l'Ifop, le président sortant devançait le candidat socialiste au premier tour, mais une autre étude de la Sofres donnait François Hollande toujours en tête et Nicolas Sarkozy en baisse.

"C'était impressionnant, le masque, deux jours de mauvais sondages et c'est comme ça. Qu'est-ce que j'aurais dû dire moi?", a déclaré Nicolas Sarkozy soulignant les traditionnels "hauts et bas" d'une campagne électorale.

"Que chacun défende ses idées et essaye de faire rayonner son projet. C'est ça une bonne campagne, c'est pas l'agressivité, ça ne compte pas, c'est pas bien, ça."

"DEMI-FINALES"

Le candidat socialiste "devrait se faire du souci", a-t-il poursuivi, avant de décocher une pique à son rival qui a renouvelé mercredi soir ses appels au vote utile.

"Les sondages n'indiquent rien que des intentions. Ce que nous voulons, ce sont des votes (...) En face de nous, ils n'espèrent qu'une chose : la dispersion, la division, la résignation", a lancé François Hollande à Marseille.

"Je trouve ça fantastique d'appeler au vote utile deux mois avant l'élection, qu'est-ce que ce serait une semaine avant ? Il n'a donc pas d'idées à proposer? On en est déjà au vote utile!", a riposté Nicolas Sarkozy.

Interrogé sur l'émission "Des Paroles et des Actes" de France 2 à laquelle participent jeudi soir Jean-François Copé et François Hollande, le chef de l'Etat s'est dit persuadé que le secrétaire général de l'UMP "sera(it) très bien" et n'a pas exclu d'y participer entre les deux tours du scrutin.

"Il faudra attendre le bon moment, après les demi-finales il y a la finale", a-t-il dit. Concernant sa participation à l'émission "Capital" sur M6 dimanche, il a glissé qu'il essaierait "de faire mieux que François Hollande."

Le président-candidat, qui a multiplié ses interventions dans les médias ces derniers jours, a par ailleurs prédit "un beau meeting" à Lyon samedi.

Edité par Marine Pennetier et Yves Clarisse

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