[scald=95933:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a fait mercredi amende honorable sur l'épisode de la "nuit du Fouquet's", au soir de sa victoire à la présidentielle de 2007, tout en s'efforçant de la relativiser par rapport aux "scandales retentissants" qui ont secoué la Ve République.

Cette soirée passée dans ce restaurant chic des Champs-Elysées en compagnie de proches parmi lesquels figuraient des stars et des grands patrons, restera comme un des symboles d'une période "bling bling" que le président-candidat s'efforce de faire oublier.

Elle revient périodiquement dans les attaques dont il fait l'objet, au même titre que les quelques jours passés par Nicolas Sarkozy à bord du yacht de l'industriel Vincent Bolloré, un des convives du Fouquet's, avant d'entrer à l'Elysée alors qu'il avait laissé entendre qu'il pourrait faire une retraite.

"Bien sûr, si c'était à refaire, je ne reviendrais pas dans ce restaurant, puisque ça a été vraiment le 'feuilleton'", a-t-il dit sur France 2.

"J'aurai l'occasion d'en parler aux Français. Mais franchement, si après trois années de crise, cinq années de mandat, c'est la grave erreur qu'il faut que je confesse (...) quand je revois l'histoire de la Ve République, ce qui s'est passé avec un certain nombre de scandales retentissants, du Rainbow Warrior, de visites de chefs d'Etat français à des dictateurs, de réception de M. Jaruzelski ou de choses comme ça."

"Mais enfin, je dois assumer ma part de responsabilités."

Les "scandales retentissants" mentionnés par Nicolas Sarkozy font référence à des événements qui se sont produits sous la présidence du socialiste François Mitterrand : l'attentat qui détruit un bateau de Greenpeace, au prix d'une victime, pour l'empêcher de perturber une campagne d'essais nucléaires français dans le pacifique, et la réception à Paris en 1985 du général Wojciech Jaruzelski, l'homme de la répression du syndicat Solidarité dans les dernières années de la Pologne communiste.

Quant aux relations des chefs d'Etat français avec des dictateurs, Nicolas Sarkozy ne s'est pas vraiment départi de ses prédécesseurs sur ce point. Il a notamment reçu fin 2007 le colonel Mouammar Kadhafi pour une visite d'Etat controversée, même si la France a été quatre ans plus tard un des fers de lance de la coalition internationale qui a aidé les insurgés libyens à renverser son régime.

(Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal)

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.