[scald=100627:sdl_editor_representation]par Emmanuel Jarry

SAINT-QUENTIN, Aisne (Reuters) - Nicolas Sarkozy a minimisé lundi son retard dans les sondages d'opinion à deux mois de l'élection présidentielle, rejetant l'idée qu'il doive remonter la pente dans les jours à venir sous peine de devoir renoncer à un second mandat.

"Le mieux, dans deux mois on se retrouve et puis on voit qui a eu raison qui a eu tort", a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Saint-Quentin (Aisne) consacré à la jeunesse en difficulté.

Le président sortant, dont l'entourage espérait qu'il refasse son retard sur son concurrent socialiste François Hollande après son entrée en campagne, reste en berne dans les sondages d'opinion et a connu une mauvaise séquence.

Les intentions de vote en sa faveur pour le premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril, reculent de trois points en deux semaines, à 23%, derrière François Hollande qui, malgré un léger tassement (-1,5), reste nettement en tête avec 30,5%, selon un sondage LH2-Yahoo publié dimanche.

Au second tour, François Hollande l'emporterait avec 58% des voix (+3 points) contre 42% (-3 points) à Nicolas Sarkozy.

Même si d'autres instituts de sondages donnent une marge inférieure, la situation de Nicolas Sarkozy est très délicate.

Le président-candidat s'est pourtant efforcé de ne pas paraître affecté par ces mauvais scores et de tout ignorer des tensions qui agiteraient ses troupes.

"Je suis concentré sur ce que j'ai à faire, il n'y a pas de tension autre que celle d'une campagne qui est toujours une épreuve, une épreuve de vérité, et qui est en même temps passionnante parce que les Français sont disponibles pour écouter ce qu'on a à leur dire", a-t-il dit.

Pas de "semaine décisive", donc.

"Depuis que je suis président de la République, c'est pas des semaines décisives, c'est des journées décisives, c'est des demi-journées décisives", a-t-il déclaré à des journalistes lors d'un visite d'un centre Epide, un des 20 établissements qui accueillent des jeunes adultes en difficulté pour les aider à se réinsérer avec l'aide de cadres en partie militaires.

"NE ME PORTEZ PAS LA SCOUMOUNE"

Les jours qui viennent seront "importants", reconnaît-il toutefois en énumérant son émission mardi sur France 2, une intervention à la radio jeudi et le grand rassemblement de dimanche à Villepinte, près de Paris, où la majorité espère rassembler la toute grande foule derrière son champion.

"J'espère qu'après cette semaine vous aurez toujours envie de me poser des questions", a-t-il ironisé.

Nicolas Sarkozy n'entend pas regarder dans le rétroviseur et ne regrette rien de la séquence de la semaine dernière. "C'est le passé, vous imaginez, c'est déjà la semaine dernière."

Sa proposition de faire travailler plus les enseignants en échange d'une augmentation de leur salaire a été mal accueillie et il a été chahuté par des militants socialistes et indépendantistes basques lors d'une visite à Bayonne vendredi.

Il s'est également défendu d'avoir chassé sur les terres du Front national lors de son meeting de samedi à Bordeaux, comme l'en accuse l'opposition socialiste.

Nicolas Sarkozy a prôné à cette occasion l'étiquetage de la viande abattue selon le rite halal et rejeté l'idée d'octroyer le droit de vote aux étrangers non-communautaires.

"Il y a des sujets, si les républicains n'en parlent pas c'est les extrémistes qui en parlent (...) mal et de façon offensante", a-t-il dit à la presse. "Je suis un républicain. Nous avons toujours tort de penser qu'un problème est tabou."

"Faudrait-il ne laisser que ceux qui aboient s'exprimer sur ce sujet (la viande halal) ? Ou est-ce que les républicains ont le devoir d'avoir une idée ?", a-t-il demandé.

Mais quand un de ses partisans lui prédit dans un café de Saint-Quentin sa réélection, le président sortant reste prudent.

"D'abord ne portez pas la scoumoune! C'est les Français qui décideront et les Français seuls, personne ne décidera à leur place et les Français ont toujours renvoyé à leurs études ceux qui pensaient que c'était fait avant que ce ne soit fait."

"Moi, je pense vraiment que rien n'est fait sinon je ne me donnerais pas tant de mal."

Avec Yves Clarisse à Paris, édité par Gilles Trequesser

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