[scald=112265:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a accusé vendredi son rival socialiste François Hollande d'avoir couvert des "pratiques mafieuses" dans certaines fédérations du PS et réfuté toutes les suspicions qui pèsent sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007.

Interrogé sur RTL, le président candidat s'en est pris en outre une nouvelle fois à la CGT après la mise en garde de son secrétaire général, Bernard Thibault, sur les risques d'"addition lourde" pour les salariés s'il était réélu.

A propos de sa campagne 2007, il a déclaré que ses comptes n'avaient fait l'objet "d'aucune espèce de contestation", une première selon lui.

"Il se trouve qu'à un mois de l'élection de 2012 (...) ça devient un problème extraordinaire. Donc il faudra démontrer quelles sommes n'ont pas été légales", a-t-il ajouté en réponse à une question sur les soupçons de financement frauduleux par la famille Bettencourt après l'incarcération de leur ancien gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre.

Nicolas Sarkozy a redit sa confiance "totale" dans son trésorier de campagne de l'époque, Eric Woerth, déclarant qu'à "l'évidence", il n'avait reçu aucune somme en liquide de Patrice de Maistre.

Et il a invité le journaliste à interroger son rival François Hollande "qui a été pendant dix ans premier secrétaire du Parti socialiste, dont les trois premières fédérations sont aujourd'hui sous le coup de procédures judiciaires extrêmement graves."

MENSONGE RÉPÉTÉ

"J'espère que lorsque vous aurez M. François Hollande devant vous, vous lui demanderez pourquoi en dix ans, il a pu laisser la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône avec un système mafieux de financement", a-t-il dit en évoquant ensuite les soupçons qui pèsent sur le fonctionnement d'une autre grande fédération du PS, celle du Pas-de-Calais.

Interrogé sur les critiques de la CGT, Nicolas Sarkozy a mis en cause les permanents du syndicat.

"Le rôle d'un syndicat n'est pas de participer à la vie politique française", a-t-il indiqué en accusant Bernard Thibault d'être "membre du bureau politique du Parti communiste, chacun le sait", alors que l'intéressé a officiellement renoncé à toute responsabilité nationale au sein du parti depuis 2001.

Très combatif, le président-candidat a contesté par ailleurs les conclusions d'une étude de l'Ecole d'économie de Paris faisant apparaître que les ménages les plus aisés avaient bénéficié depuis 2002 de baisses d'impôts six fois supérieures à la moyenne des Français.

Il a parlé à propos de l'institut d'un "organisme Théodule dont personne ne connaît ni l'intérêt, ni l'importance, ni la crédibilité", ajoutant qu'"un mensonge répété ne fait pas une vérité". Il a indiqué que le fait que les prélèvements obligatoires avaient progressé sous son quinquennat suffisait à prouver que les riches n'ont pas été favorisés.

Il a enfin démenti avoir qualifié François Hollande de "nul" dans des confidences faites à un journaliste du Monde, évoquant auprès de celui qui l'interrogeait, Jean-Michel Apathie, "la tentation parfois de certains de vos confrères de dire des choses qui sont parfois un peu fâchées avec la réalité."

Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal

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