Discours très national pour Nicolas Sarkozy
Discours très national pour Nicolas Sarkozy © France 2

Interrogé sur France 2, celui qui est désormais officiellement candidat à la présidence de l'UMP a eu du mal à cacher une ambition plus large. Pendant 40 minutes, Nicolas Sarkozy a quasiment déroulé un programme pour la prochaine présidentielle. Que faut-il en retenir ? Morceaux choisis.

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La défaite en 2012

C'est la première fois que je revois ces images [du discours à la Mutualité] mais j'ai gardé dans mon coeur et dans ma tête chaque seconde de ce moment. [...] Si j'ai perdu, c'était ma responsabilité. Il n'y a pas de réussite individuelle, pas de réussite tout seul. J'ai essayé de faire le mieux possible.

J'ai sans doute beaucoup de défauts, et je ne prétends pas tout avoir bien fait. Mais je n'ai pas menti. Souvenez-vous du début du débat du second tour avec François Hollande. Mois je n'ai pas menti. Mais qu'est-ce qui reste de la série d'anaphore "moi président" ? Une longue série de mensonges.

Les raisons de son retour

C'est une décision mûrie. La question n'est pas de savoir si je suis l'homme providentiel, je n'ai jamais cru à l'homme providentiel. La France, pour moi c'est comme une seconde nature, c'est mon pays, je l'aime, je ne vivrai jamais qu'ici... Je n'ai jamais un tel désespoir, une telle colère, une telle absence de perspective. Et je ne dis pas que c'est uniquement de la faute de Monsieur Hollande. Il y a une différence entre se considérer comme un sauveur, ce que je ne suis pas, et proposer son travail et son énergie. Non seulement j'ai envie, mais je n'ai pas le choix . Je dois rendre à mon pays une partie de ce qu'il m'a donné.

Ses futurs adversaires

Je ne suis pas venu pour expliquer que je serai candidat à la présidence de la République en 2017. Je suis venu pour créer les conditions d'un rassemblement qui va au-delà des clivages droite/gauche.

Il faut bien qu'il y ait un leadership, mais je ne serai pas le seul. Alain Juppé je l'ai connu quand j'avais 20 ans, c'est un compagnon, quelqu'un pour qui j'ai de l'admiration. Quant à François Fillon, il a été Premier ministre pendant cinq ans. On a travaillé sans aucun nuage. J'aurai besoin de lui aussi.

Le Front national

Je ne peux pas croire que dans un pays qui est la cinquième puissance du monde, des gens puisse croire Marine Le Pen quand elle prône l'isolement de la France.

Les Français ne croient pas en Marine Le Pen. Je crois qu'ils ont peur, qu'ils souffrent, que nous les avons déçus. Il faut les reconquérir.Monsieur Valls était bien content d'avoir un coup de main de Marine Le Pen entre les deux tours de la présidentielle. Et Marine Le Pen a donné un beau coup de main à François Hollande, en disant qu'il ne fallait pas voter pour moi.

François Hollande...

Je ne veux pas faire de caricature. Je ne veux pas utiliser le temps que nous avons pour critiquer mon successeur. Il est son propre procureur. Ces deux dernières années ont été consacrées à détruire ce que j'avais fait, parce que je l'avais fait. Il pense le plus grand mal de moi... Je ne pense rien du tout de lui.

Je ne juge pas Manuel Valls ou François Hollande sur les discours, je les juge sur les faits.

...Démission ?

J'espère que François Hollande ira au bout de son mandat. Je crois aux institutions de la République. Je ne veux pas que cette colère en France aboutisse à de la violence. Je suis inquiet quand je vois des millions de gens qui décrochent d'une capacité à entendre tout raisonnement qui ne serait pas caricatural.

Les ennuis judiciaires

Est-ce que vous croyez que si j'avais quelque chose à me reprocher, je viendrais m'exprimer sur un retour à la politique. Est-ce que vous me prêtez deux neurones d'intelligence ? Si j'avais peur, est-ce que je reviendrais sous les projecteurs ?

Je ne suis pas un citoyen au-dessus des autres, mais je ne suis pas un citoyen en-dessous des autres. La colère m'a quitté, mais je n'aime pas l'injustice. Qui me rendra mon honneur ? Vous ne croyez pas que ça sert certains desseins ?

Moi je peux me défendre, je suis connu, mais j'aurai plus de compassion désormais et j'attendrai d'être certain que la personne est jugée pour ce qu'elle a fait et pas pour ce qu'elle est.

Le financement de l'UMP

J'ai appris le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle. J'ai été successivement président et candidat, j'avais pas le temps de m'occuper de ça.

Ma campagne a coûté zéro franc aux Français , alors qu'on a remboursé madame Le Pen, monsieur Hollande... et même monsieur Cheminade. Dont le principal projet était d'aller sur Mars.

Le mariage pour tous

Quoi qu'on pense du dossier, j'ai détesté la façon dont ça a été fait. On a humilié la famille. On a humilié des braves gens qui n'étaient jamais descendus dans la rue, et qui se sont radicalisés. [Si j'étais président] est-ce que j'agirais de la même façon ? Non, je n'utiliserais pas la famille contre les homosexuels comme on a utilisé les homosexuels contre la famille.

Un projet pour 2017 ?

Je dois quand même avoir une capacité de rassemblement puisqu'en 2007, on a fait 53 %, en 2012 48 %.

Je me suis engagé dans une longue route, que je vais mener avec détermination et enthousiasme. Je veux convaincre nos amis que nos querelles d'égo sont ridicules.

La vraie question pour nous, ce n'est pas tant de promettre que de tenir. Il est venu le temps de réintroduire dans le fonctionnement de nos institutions le référendum. Le référendum, c'est la clé. J'ai un certain nombre de sujets très précis sur lesquels le peuple devra trancher .

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