[scald=63419:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi que le 11-Novembre deviendrait une journée de commémoration de l'ensemble des militaires français tombés dans des opérations extérieures, en plus du souvenir de la Première Guerre mondiale.

Le chef de l'Etat, qui s'exprimait sous l'Arc-de-Triomphe pour le 93e anniversaire de l'Armistice de 1918 , a assuré néanmoins que la commémoration d'aucun autre conflit ne serait pour autant supprimée et qu'il ne s'agissait pas de diluer le souvenir de la Grande Guerre après que son dernier ancien combattant est mort cette année en Australie.

"Dans cette journée à laquelle la pire des guerres a donné une signification si profonde, c'est à tous les morts pour la France que la Nation rendra désormais aussi hommage", a-t-il dit.

"Qu'il soit bien clair qu'aucune commémoration ne sera supprimée et qu'il s'agit seulement de donner plus de solennité encore au 11-Novembre alors que tous les témoins ont disparu", a-t-il ajouté, en insistant sur la nécessité d'honorer tous "ceux qui sont tombés en faisant leur devoir pour leur pays".

A ces fins, un projet de loi sera déposé prochainement au Parlement, qui fera de la date-anniversaire de l'armistice de 1918 "la date de commémoration de la Grande Guerre et de tous les morts pour la France".

Nicolas Sarkozy a indiqué en outre que le gouvernement soutiendrait une proposition de loi, déposée en septembre par le député UMP Philippe Meunier, visant à rendre obligatoire l'inscription des noms des militaires tombés au service de la France sur le monument aux morts de leur commune.

Il a confirmé le projet de construction à Paris d'un monument dédié aux soldats tués dans des opérations extérieures comme les conflits qui ont fait 158 morts et 1.500 blessés ces dix dernières années dans les rangs des forces armées françaises.

CONTESTATIONS À GAUCHE

Sans attendre la formalisation de ces changements, le président de la République a tenu à honorer plus particulièrement cette année les 24 soldats français tués depuis un an en Afghanistan.

Il a de même décoré de la Croix de la valeur militaire à titre collectif 12 unités qui ont participé aux opérations en Afghanistan, en Côte d'Ivoire ou en Libye.

Parmi celles-ci, figuraient des troupes d'infanterie mais aussi le porte-avions Charles de Gaulle ainsi que sa flottille d'avions de combat ou encore l'hôpital d'instruction des armées de Percy.

Nicolas Sarkozy devait recevoir par la suite à l'Elysée des familles de militaires morts en opération et visiter le musée de la Grande Guerre de Meaux.

Les initiatives du chef de l'Etat ont suscité des réserves à gauche, où l'on s'inquiète d'un manque de concertation avec les associations d'anciens combattants et des risques de dilution du souvenir de 1914-1918.

Le candidat socialiste à la présidentielle, qui s'est rendu à Vienne-le-Château (Marne) pour commémorer l'Armistice du 11 novembre 1918, a contesté les projets de Nicolas Sarkozy.

"Je ne suis pas sûr que vouloir rassembler en une seule journée soit la seule formule qui vaille", a dit François Hollande sur i> télé. "Et ça pourrait même être compris comme un oubli de ce qu'ont été les deux conflits mondiaux ou les guerres d'Indochine ou d'Algérie."

D'autres dirigeants socialistes ont insisté sur le fait qu'il ne fallait pas diviser les Français à cette occasion.

"Dans tous les cas, il faut qu'il y ait un véritable consensus autour de cette idée car il est vrai que chacun de ces grands événements a sa spécificité", a renchéri le nouveau président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel.

Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Marc Laffineur, a assuré qu'il n'était "pas question de supprimer le 8 mai". "Le 8 mai restera férié. il restera la fête pour la capitulation de 39-45, les autres guerres garderont aussi leur journée."

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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