[scald=80111:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

CHASSENEUIL-DU-POITOU, Vienne (Reuters) - Nicolas Sarkozy a plaidé jeudi pour un système scolaire plus efficace mais à moyens constants, jugeant "irresponsables" les créations de postes envisagées par François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, dans l'environnement économique actuel.

Le chef de l'Etat, qui présentait dans le Poitou ses voeux à l'éducation, à l'enseignement supérieur et à la recherche, a annoncé d'autre part sa volonté de s'attaquer à une réforme des collèges après celles du primaire et des lycées et prôné une plus grande autonomie des établissements scolaires.

S'exprimant devant quelque 2.000 personnes réunies au parc du Futuroscope, près de Poitiers, il a estimé que si la France souffrait d'un retard de moyens dans l'enseignement supérieur et la recherche, que son gouvernement a entrepris de combler, la situation était tout autre dans le secteur scolaire.

"En matière scolaire - toutes les études le prouvent - la question n'est pas celle des moyens, qui ont augmenté de 80% ces trente dernières années, la question c'est d'oser le changement", a-t-il dit, ajoutant :

"Dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l'éducation nationale comme dans les autres services de l'Etat, faire mieux avec les mêmes moyens et ce n'est pas impossible."

Dans ce contexte, il a vivement critiqué le projet de création de 60.000 postes dans ce secteur évoqué par François Hollande lors de la primaire socialiste, le jugeant incompatible avec la revalorisation des salaires des enseignants, dont il entend faire une priorité.

"Je veux le dire comme je le pense : imaginer la recréation de postes dans l'éducation nationale, c'est irresponsable compte tenu de la situation financière de notre pays", a-t-il dit.

A moins de quatre mois du premier tour de la présidentielle,

Nicolas Sarkozy a mis en avant les réformes menées à bien depuis son arrivée à l'Elysée, dans le primaire comme dans les universités aujourd'hui autonomes. Pour ces dernières, il a prédit que la France aurait d'ici cinq ans "un nombre significatif d'universités de dimension mondiale".

FORMATION EN ALTERNANCE OBLIGATOIRE

Esquissant ce qui pourrait être un futur programme électoral, il a tracé "deux pistes de réflexion" pour une réforme des collèges qui doit, à ses yeux, "mettre fin aux faiblesses" du collège unique, "qui n'arrive pas à prendre correctement la diversité des élèves".

La première porte sur un recentrage des classes de 5e et 6e sur les enseignements fondamentaux, "en assurant une meilleure continuité avec le primaire" ; la seconde sur une meilleure prise en compte des parcours en 4e et 3e, Nicolas Sarkozy jugeant anormal que le collège actuel ne prépare pas l'enseignement professionnel.

A propos de ce dernier, il a insisté sur la nécessité de développer la formation en alternance comme remède au chômage de ceux qui n'accèdent pas à l'enseignement supérieur, proposant qu'elle devienne obligatoire en dernière année de bac professionnel.

Le président de la République a enfin indiqué qu'il entendait faire de la redéfinition du métier d'enseignant, dont la mission repose sur des textes remontant aux années 1950, une autre priorité pour l'adapter aux réalités du monde actuel.

"Cela impliquera de la part des professeurs d'accepter de nouvelles manières de travailler, d'être plus présents dans les établissements", a-t-il indiqué.

La contrepartie en sera une rémunération qui devra être "considérablement augmentée" et des conditions de travail dans les établissements "très sensiblement améliorées".

Il a défendu aussi le projet, très contesté par les syndicats enseignants, de nouvelle évaluation des enseignants sous la responsabilité des chefs d'établissement, même s'il s'est dit ouvert à une discussion sur les modalités de sa mise en oeuvre.

Edité par Patrick Vignal

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