Face à la bronca qu’ont suscité les nominations de Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti à des postes clés de son gouvernement, Jean Castex est droit dans ses bottes. Il "assume", a-t-il dit mercredi matin à nos confrères de BFM TV.

Jean Castex sur le plateau de BFM TV le 8 juillet 2020
Jean Castex sur le plateau de BFM TV le 8 juillet 2020 © .

Gérald Darmanin ou Eric Dupond-Moretti, Jean Castex assume tout. Le Premier ministre a nettement défendu la nomination des deux hommes à des ministères clés de son gouvernement malgré la bronca qu'elle a provoquée chez les militantes féministes. Les féministes regrettent que l'on nomme dans ces deux ministères régaliens un ministre poursuivi pour viol, et un avocat qui a fait dans le passé des déclarations anti-#MeToo virulentes. Les magistrats eux, ont très mal pris la nomination d'un avocat qui s'est prononcé pour la suppression de l'école nationale de la magistrature.  Sur tous ces griefs Jean Castex reste droit dans ses bottes. 

La nomination de Darmanin "en mon âme et conscience"

Le Premier ministre a affirmé mercredi assumer "totalement" la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur malgré l'enquête pour viol qui le vise.  "J'assume totalement cette désignation" a -t-il dit sur BFM TV, estimant que Gérald Darmanin "a droit comme tout le monde à la présomption d'innocence". 

Gérald Darmanin a été mis en cause par deux femmes début 2018, l'une pour viol, l'autre pour abus de faiblesse ; des accusations qu'il réfute. Si l'enquête se poursuit pour la première, le parquet a rendu un non-lieu concernant la seconde. La cour d'appel de Paris a ordonné début juin la reprise des investigations sur les accusations de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance portées contre le ministre. 

Le Premier ministre a assuré que Gérald Darmanin n'aurait pas été nommé "si, en mon âme et conscience, ayant regardé le sujet, j'avais eu le moindre doute, la moindre interrogation", en soulignant que "pour des raisons politiques et aussi personnelles, tout ce qui touche aux violences comme on dit intraconjugales, aux questions de viol, (lui) sont particulièrement chers". Jean Castex s'appuie sur le fait que'"il y a déjà eu sur ces mêmes faits des actes d'instruction qui ont été clairement des actes de rejet", et que l'enquête avait dans un premier temps été classée.  

Entendu à l'époque en audition libre, Gérald Darmanin avait confirmé avoir eu une relation sexuelle avec la plaignante, mais selon lui librement consentie.  Plusieurs manifestations de féministes ont eu lieu, lundi, contre la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur, notamment lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Christophe Castaner.

Nomination de Dupond-Moretti : "ça veut dire que la justice va compter"

Alors que la nomination de l'avocat pénaliste Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice a suscité la colère de plusieurs syndicats de magistrats, le Premier ministre a également défendu ce choix.  

"Nous n'avons pas nommé un garde des Sceaux haut en couleurs, solide, costaud pour s'en prendre aux magistrats (...) on l'a nommé pour défendre la justice, pour porter les couleurs de la justice au sein de l'appareil d'Etat et lui redonner les moyens", a-t-il assuré.  "On doit une plus grande reconnaissance à la justice, la justice ne marche pas parce que l'Etat l'a mal considérée et mettre un homme comme Dupond-Moretti à la tête de cela, ça veut dire que la justice va compter."

Jean Castex a d'ailleurs annoncé que le gouvernement prévoit d'augmenter le budget de la Justice, pour que "l'objectif de ce gouvernement c'est que le service public de la justice marche mieux". "Nous allons accroître cet effort" car "il faut donner (à la justice) les moyens de fonctionner en proximité, au plus près des gens" a-t-il expliqué

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