Il y a trois semaines, nous avions rencontré Christine, Jules et Apolline, des électeurs et électrices de gauche indécis voire déroutés par la multiplicité des candidatures. Nous sommes retournés les voir pour savoir si leur choix était fait à six jours du scrutin.

Les électeurs auront à choisir entre 34 listes pour les élections européennes 2019
Les électeurs auront à choisir entre 34 listes pour les élections européennes 2019 © AFP / Laurent Ferriere / Hans Lucas

"Il a fait de la campagne un duel entre lui et Marine Le Pen et s’est élevé comme le seul rempart contre le populisme"

Il y a trois semaines, Christine, la cinquantaine vivant dans le 18e arrondissement de Paris, électrice de toujours du parti socialiste, ne décolérait pas contre l’absence de liste commune. Sa colère, cette fois, se porte sur Emmanuel Macron, parce qu'"il a fait de la campagne un duel entre lui et Marine Le Pen et s’est élevé comme le seul rempart contre le populisme"dit-elle.

Pas question pour elle de voter Nathalie Loiseau et la liste Renaissance, elle n’y a jamais songé mais après avoir écouté les premiers débats, notamment celui de France Inter et France 2, le 4 avril dernier, son choix s’est finalement porté ces derniers jours sur Ian Brossat.

"Je veux une gauche qui ne soit pas libérale, ni populiste au Parlement européen", explique-t-elle. "C’est important de parler des peuples et de faire que les gens qui vivent des moments difficiles, on puisse les défendre et qu’ils aient une vie meilleure. C’est aussi ça qu’on peut espérer de l’Europe "

Pourquoi Brossat plus qu’un autre ?

"Il parle de manière extrêmement sincère de cette gauche. Il a un discours bien construit. Et après tout, le communisme a bien changé et je ne l’ai pas trouvé doctrinaire", conclut Christine, dont le choix a été conforté par le clip de campagne du PCF.

Christine aurait aimé une liste de gauche unie
Christine aurait aimé une liste de gauche unie © Radio France

"La présence d’Olivier Faure, d’Anne Hidalgo, de Christine Taubira, ça m’a convaincu d’aller vers [Raphaël Glucksmann]"

La sincérité, c’est aussi ce qui va guider le vote de dimanche de Jules. Peu de surprises. Il a adhéré à Place publique il y a quelques mois, car la démarche l’intéressait. Mais il avait des doutes sur Raphaël Glucksmann. Doutes qui se sont dissipés.

"Il fallait s’engager, je suis allé le voir à Rouen en meeting, je l’ai rencontré sur les quais à Paris", explique avec un grand sourire le jeune homme de 34 ans.

L'espace d’un instant, il a même oublié avec qui Place publique s’était allié. "Il y a une liste de gauche radicale, je crois, ou un truc dans le genre et puis… puis…". Le Parti socialiste ? "Oui c’est ça j’avais oublié", lâche-t-il dans un grand éclat de rire. "La présence d’Olivier Faure, d’Anne Hidalgo, de Christine Taubira, ça m’a convaincu d’aller vers lui", poursuit Jules, qui fait campagne auprès de ses proches et les incite à voter pour Envie d’Europe.

Jules, indécis de gauche avec Raphaël Glucksmann
Jules, indécis de gauche avec Raphaël Glucksmann © Radio France / Cyril Graziani

"Place publique a été mon coup de cœur"

Quand nous avions rencontré Apolline, elle espérait enfin que les candidats parlent de leurs programmes, plus que des problèmes politiques nationaux. Son choix semblait devoir se porter sur les écolos, pourtant, elle aussi, se laisserait bien tenter par la liste de Place publique. 

"Les écolos, c’est un parti très européen et l’environnement c’est un des principaux défis, mais en me penchant sur les programmes, en écoutant les différents candidats, Place publique a été mon coup de cœur. Leur programme est le plus abouti, il répond à toutes mes attentes".

Mais comme il reste encore quelques jours, elle se laisse "une petite marge", souligne cette juriste ravie de cette campagne et des débats d’idées. Elle a décidé de continuer à écouter le duo Glucksmann/Jadot avant de faire un choix définitif. "Notamment sur les migrations, qui est un sujet qui m’intéresse et pour lequel Place publique part avec une petite avance". Même si ce choix, elle ne le fera pas dans l’isoloir. Car Apolline ne sera pas présente dimanche pour voter. Un de ses amis le fera à sa place. "Il faut donc que je lui dise d’ici vendredi" », assure-t-elle. 

Apolline n'hésite presque plus...
Apolline n'hésite presque plus... © Radio France / Cyril Graziani
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