INFO FRANCE INTER - Sur Internet, une publicité vante la campagne de Anne Hidalgo pour la mairie de Paris avec un argument fallacieux : interdire la vente de viande à Paris. La provenance de cette fausse publicité reste pour l'heure inconnue, mais Google affirme avoir fait le nécessaire pour la retirer.

La fausse annonce promet un "paris eco-vegan" et l'interdiction de la vente de viande
La fausse annonce promet un "paris eco-vegan" et l'interdiction de la vente de viande © Capture d'écran

C'est une annonce publicitaire à laquelle certains internautes ne feront peut-être même pas attention. Pourtant, si l'on s'y attarde un instant, elle a de quoi surprendre : cette publicité pour la campagne d'Anne Hidalgo pour les municipales à Paris évoque un programme... pour le moins étonnant. "Notre programme : interdire toute vente de viande, faire de Paris la première ville éco-vegan de France et du monde", annonce-t-elle. 

Ironie du sort (ou plus sûrement ciblage publicitaire bien calculé) : c'est sur la page d'une recette de pâté en croûte que cette publicité a été aperçue par un utilisateur de Twitter. 

En naviguant sur ce blog culinaire, nous avons réussi à la retrouver, mais son apparition est aléatoire.

La publicité, retrouvée sur ce site par nos soins
La publicité, retrouvée sur ce site par nos soins / Capture d'écran

Contacté par France Inter, l'entourage de la candidate, à qui nous avons appris l'existence de cette annonce, confirme, sans surprise, que cette publicité ne vient pas de son équipe de campagne mais ne fait pas de commentaire "à ce stade". Mais alors, d'où vient cette publicité ? Qui a payé un espace publicitaire pour induire en erreur les potentiels électeurs ? Difficile, sinon impossible, de le savoir. 

L'annonce supprimée par Google

Comme l'indique la petite flèche bleue dans le coin supérieur droit de l'annonce, la publicité apparaît dans un cadre "Google Ads", un espace de publicité ciblée commercialisé par Google - et qui permet aux annonceurs de cibler l'affichage de leurs publicités en fonction de la zone géographique, de l'âge, des centres d'intérêt.

Par ailleurs, nous n'avons pas trouvé de trace de cette annonce sur le portail "Transparence des informations" qui fait état de toutes les publicités à caractère politique achetées par Google en UE et au Royaume-Uni. Contacté par nos soins, Google France assure que "les services de Google ont fait le nécessaire pour retirer au plus vite cette publicité frauduleuse" et dit "prendre très au sérieux" ce genre d'annonces "faisant de fausses déclarations", les comptes des annonceurs étant suspendus lorsqu'une fraude est déclarée. Pour l'heure en revanche, on ne connaît pas l'identité ni la nature de cet annonceur frauduleux.

Outre son caractère mensonger, cette publicité entre dans le cadre de la publicité politique, fortement encadrée en France : selon l’article L52-1 du code électoral, "pendant les six mois précédant le premier jour du mois d’une élection et jusqu’à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, l’utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite". En tout état de cause, l'annonce était donc illégale.

Un internaute anonyme explique avoir créé la pub

À la suite de la publication de cet article, un internaute anonyme a contacté France Inter samedi 30 mai pour revendiquer la création de cette campagne de publicité en ligne. Cette personne, qui n'a pas souhaité nous en dire plus sur son identité, explique avoir créé une campagne clairement politique avec trois visuels légèrement différents, sans contrôle particulier de la part de Google. Elle dit avoir dépensé moins d'une dizaines d'euros pour environ 50 000 impressions de cette publicité sur des sites de médias français, ciblées dans six arrondissements parisiens.  

La personne conteste la version de Google ("Non, la pub n'était pas retirée. Je l'ai retirée en découvrant votre article totalement par hasard") et explique notamment qu'elle trouve "anormal que n'importe qui comme moi puisse faire de la publicité sur des médias de référence sans que ces médias ne les contrôlent".

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