Prisonnière de l'interminable feuilleton du Brexit, l'Écosse veut un nouveau référendum d'indépendance. Ce samedi 2 novembre, pour la première fois depuis 2014, la Première ministre Nicola Sturgeon s'est exprimée publiquement devant des manifestants rassemblés à Glasgow, pour réclamer l'indépendance de l'Écosse.

Des Écossais brandissent le drapeau du "yes" à l'indépendance, ce 2 novembre 2019
Des Écossais brandissent le drapeau du "yes" à l'indépendance, ce 2 novembre 2019 © AFP / Andy Buchanan

En cet après-midi de début novembre, c'est sous les applaudissements de la foule que la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, prend le micro sur l'estrade de George Square, au centre de Glasgow. "Nous sommes rassemblés ici pour une simple raison : demander le droit de choisir un meilleur futur pour notre pays !", entame-t-elle sous les vivats des manifestants. "L'Écosse est à la croisée des chemins. _Nous ne voulons pas d'un futur dicté par les lois de Boris Johnson_, d'un futur où l'Écosse serait bannie de sa famille européenne, contre sa volonté."

"Il existe une meilleure alternative que celle d'un gouvernement qui ne peut même pas se décider sur le Brexit"

Il y a cinq ans pourtant, l'Écosse votait "non" à 55 % contre son indépendance vis-à-vis du Royaume Uni. Mais depuis, le Brexit a entièrement rebattu les cartes. En juin 2016, soit deux ans après le premier référendum, 62 % des Écossais se prononçaient contre le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne. Aujourd'hui, "nous devons voter et fuir le chaos du Brexit", exhorte la Première ministre. "Il existe une meilleure alternative que celle d'un gouvernement anglais qui ne peut même pas se décider sur le Brexit. Nous devons prendre notre futur en main et devenir un pays indépendant !

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, le 2 novembre 2019
La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, le 2 novembre 2019 © AFP / Andy Buchanan

"Pourquoi Boris Johnson et Jeremy Corbyn ont-ils si peur du débat ?"

Nicola Sturgeon souhaite un référendum dès 2020, et compte demander le feu vert du gouvernement britannique d'ici Noël. Mais Londres ne l'entend pas de cette oreille, estimant que les Écossais ont déjà été consultés il y a cinq ans et qu'il s'agissait d'un "événement unique, organisé une fois par génération". Et Nicola Sturgeon ne peut pas non plus compter sur les travaillistes, principaux opposants au gouvernement conservateur de Boris Johnson : pour Jeremy Corbyn, chef du Labour, ce nouveau référendum écossais n'est "ni nécessaire ni souhaitable". 

Réponse de la dirigeante écossaise : "Je voudrais m'adresser à Boris Johnson et à Jeremy Corbyn. Pourquoi avez-vous si peur du débat ? Je suis prête à débattre avec chacun de vous, à n'importe quel moment, à n'importe quel endroit !" 

Cessez d'avoir peur et dites-nous pourquoi l'Écosse ne devrait pas être indépendante !

C'est la première fois depuis le référendum de 2014 que la dirigeante participe à un rassemblement pro-indépendance. Et le moment n'est pas choisie au hasard : elle veut mobiliser la population à l'approche des élections législatives, le 12 décembre prochain. "Je sais que le temps se refroidit et que tous les esprits commencent à penser à Noël. Mais ces prochaines semaines, il faut en parler à vos proches, votre famille, vos amis, vos voisins : le 12 décembre, nous devons envoyer le plus fort des messages à Westminster. Il est temps que l'Écosse devienne un pays indépendant !" clame la Première ministre.  

"Gagnons notre indépendance, gagnons l'Écosse dont nous rêvons"

"Nous avons la capacité de construire cette Écosse meilleure, plus prospère, plus juste, plus égalitaire, plus ouverte, plus inclusive, plus diverse", a conclu la dirigeante du SNP après quelques minutes de discours. "Gagnons notre indépendance, gagnons l'Écosse dont nous rêvons !" Selon le journal écossais pro-indépendance The National, 20 000 manifestants étaient rassemblés ce samedi après-midi à George Square, rebaptisé pour l'occasion "Freedom square" par certains.

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