Les résultats pour le moins décevants des élections municipales ont ébranlé le parti présidentiel. La réunion des députés de la majorité ce mardi à l’Assemblée nationale s’annonce houleuse. Nombre de parlementaires considèrent que ce n’est pas l’écologie qui a gagné, mais l’absence de cap et un désavoeu de l'exécutif.

La débâcle de la candidature d'Agnès Buzyn à Paris illustre l'échec sévère de LREM lors des municipales (juin 2020)
La débâcle de la candidature d'Agnès Buzyn à Paris illustre l'échec sévère de LREM lors des municipales (juin 2020) © AFP / JOEL SAGET / AFP

"On n’a pas pêché par défaut d’écologie" estiment les députés du parti présidentiel, rappelant que la fin de Notre-Dame-des-Landes, l’arrêt de Fessenheim, la Convention citoyenne pour le climat se sont fait sous mandat. Non, c’est plus grave, concède sans langue de bois Sacha Houlié, député de la Vienne, proche du président : "D'abord, on a perdu. Il faut l'assumer, dire que c'est une défaite. La stratégie du coucou qui était d'aller avec des partis traditionnels (alliance avec la droite, comme à Lyon ou à Bordeaux NDLR), ça n'était pas une bonne idée. Ça appelle surtout le parti à se remettre au boulot."

"On fait la politique comme les autres, on a déçu les gens"

Sans filtre là, et il l’assume, le député du Rhône Bruno Bonnell est très en colère : "Ce que l'on paye aujourd'hui, c'est que les Verts, ils ont un sens, c'est sauver la planète. Le RN leur sens, c'est 'on est bien chez nous'. Nous, on n'a pas de sens". 

"C'est à dire qu'on n'a pas remplacé le 'ni droite ni gauche' par un sens quelconque, et on n'a pas réconcilié les Français avec la politique, donc on doit surtout se taire". 

"La mobilisation des Verts, c'est surtout une mobilisation sur une abstention importante qui fait un effet de loupe. Il y a une tendance de fond, mais c'est aussi la défaillance de l'autre qui lui permet d'émerger. On fait la politique comme les autres, on a déçu les gens. Et puis surtout on n'a pas réussi à les réconcilier avec la France. Et avec la politique. Moi, depuis 40 ans, je suis chef d'entreprise, j'ai déçu des gens, j'ai mené des batailles avec les syndicats, j'ai eu des moments difficiles mais jamais je ne me suis fait coupé la tête autant qu'en politique, jamais je ne me suis fait traité autant qu'en politique, jamais je ne me suis fait coincer par des types dans des rues qui me disaient : 'Vous êtes des salauds, dès qu'on pourra on vous fera la peau!'. C'est jamais arrivé dans ma vie personnelle, une telle violence". 

"La question maintenant est de savoir si on se remet en marche. Si notre promesse était bien la promesse d'un 'autrement'. On peut essayer la Convention citoyenne, le référendum, on va voir ce que ça donne. Il faut une bonne fois pour toute abroger la technocratie". 

"Il faut arrêter de nous dire tout ce qu'on ne peut pas faire au nom de l'article 40, de la règle budgétaire, et le PLFSS et tous ces mots de plus de huit lettres que personne ne comprend!".

"On marche sur la tête. On n'a pas fait une politique Jupitérienne comme annoncé mais une politique Juppéenne. Ça commence pareil mais ça ne se finit pas pareil : On a JUP et on s'est arrêté au P."

Plus qu’une faillite écologique, c’est une crise de sens qu’incriminent la plupart de ces élus, blessés de se voir reléguer aussi vite dans l’ancien monde.

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