Bien qu'il cherche toujours à mettre en oeuvre sa sortie de l'Union européenne, le Royaume-Uni a élu dimanche des députés européens. Si le Brexit a bien lieu, cinq candidats français rejoindront les 74 déjà élus pour siéger à Strasbourg. Des députés "fantôme" qui jugent cette situation surréaliste.

Le Parlement Européen
Le Parlement Européen © Radio France / Pauline C. E. Kaspar

Nous sommes des députés Picard, dans l'attente d'être décongelés ! Et les députés britanniques sont à consommer de préférence avant le 31 octobre, ce sont les députés yaourts !

La situation ubuesque dans laquelle il se trouve ne fait pas perdre le sourire à Sandro Gozi, 22e sur la liste Renaissance de Nathalie Loiseau, même si l'ancien membre du gouvernement italien regrette de devoir attendre un hypothétique Brexit pour siéger au parlement européen. "Il ne fallait pas donner à Theresa May jusqu'au 31 octobre pour mettre en oeuvre le Brexit, regrette Sandro Gozi. Emmanuel Macron avait raison, il fallait trouver un accord avant pour éviter que les Britanniques ne participent aux élections européennes."

73 députés britanniques ont en effet été élus dimanche dernier, car le Brexit n'est toujours pas effectif. Sur ces 73 sièges, 46 seront gelés en cas d'un élargissement futur de l'UE. Les 27 autres seront répartis dans 14 États européens actuellement "sous-représentés" à Strasbourg. La France récupérera ainsi cinq nouveaux sièges d'eurodéputés. Si le Brexit devient effectif, ils reviendront à Sandro Gozi (Renaissance), Ilana Cicurel (Renaissance), Claude Gruffat (EELV), Nora Mebarek (PS-Place Publique) et Jean-Lin Lacapelle (RN).

En attendant, la vie continue !  

Le conseiller régional d’Île-de-France Jean-Lin Lacapelle, 23e sur la liste RN l'assure, il n'attend pas avec impatience que son poste d'eurodéputé se libère : "En attendant, la vie continue. Au Rassemblement National, on est jamais dans une projection de mandat personnel, et l'intérêt général a toujours primé sur les intérêts personnels, donc je ne me suis jamais projeté comme un député européen." Jean-Lin Lacapelle rend l'Union européenne, responsable de cette situation surréaliste : "Elle a tout fait depuis trois ans pour faire échouer cette décision populaire (le Brexit, NDLR)"

Interrogé par le JDD, le candidat EELV Claude Gruffat regrette lui que le Brexit soit une réalité, bien qu'il pourrait en bénéficier pour siéger à Strasbourg : "Ma situation personnelle n'est que bien peu de choses dans l'Histoire. Je préférerais de loin que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne et plus encore y contribue. Malheureusement, ils mettent aujourd'hui les deux pieds dehors."

Reste maintenant à savoir si l'été britannique sera assez chaud pour "décongeler" les cinq eurodéputés français avant le 31 octobre prochain, date limite fixée par Bruxelles pour que la Grande-Bretagne sorte de l'Union Européenne.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.