Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure a implicitement appelé dimanche Emmanuel Macron à convoquer un référendum pour sa réforme des institutions.

Olivier Faure a été officiellement investi premier secrétaire du PS à Aubervilliers
Olivier Faure a été officiellement investi premier secrétaire du PS à Aubervilliers © AFP / Thomas Samson

Olivier Faure a été officiellement investi premier secrétaire du PS samedi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), au premier jour d'un Congrès où les socialistes se sont efforcés de croire à nouveau en leur avenir, et de tracer des perspectives, notamment sur la question européenne.

Agé de 86 ans, l'ancien ministre de François Mitterrand Louis Mexandeau l'a emporté à l'applaudimètre, en disant sa "fierté" de militer au PS depuis près de 50 ans. 

Montant sur scène quelques minutes, Olivier Faure lui a répondu avec enthousiasme :  "Tu es un plaidoyer contre ce que j'ai tenté de porter depuis des semaines, des mois, mais c'est aussi ça la renaissance. Ce n'est pas d'oublier ce que nous sommes, d'où nous venons (...) La renaissance c'est à la fois d'aller chercher dans notre histoire, et de la faire entrer dans la modernité (...) Tu verras à nouveau la gauche au pouvoir", a-t-il promis au vieux militant.

Ne pas affaiblir les contre-pouvoirs

Olivier Faure  s'est exprimé ensuite lors de la clôture du congrès du PS, en particulier sur la réforme des institutions préparée par le gouvernement. 

Ce "marché de dupes",  parlant de la réforme des institutions, a  dit Olivier Faure, va "affaiblir tous les contre-pouvoirs".  

"Je le dis ce matin à Emmanuel Macron: M. le président, si vous voulez avoir un débat sur une refondation de la République, ayez le courage de le faire devant le peuple et avec le peuple", a déclaré Olivier Faure 

"Le président de la République propose aujourd'hui une --j'allais dire grande, non-- une réforme de nos institutions. Pourquoi pas ? La Ve (République) est à bout de souffle", a dit le député de Seine-et-Marne.  "Mais si nous, nous proposions une réforme, ce serait d'abord pour rééquilibrer les pouvoirs entre le président, le Premier ministre et le Parlement. Ce serait pour permettre aux citoyens de faire irruption dans le débat public, pour valoriser les syndicats, les corps intermédiaires, pour reconnaître au coeur de la République les acteurs des territoires", a-t-il développé.  

"Mais dans la réforme qui nous est proposée, il y a bien quelques ajustements utiles, mais il n'y a rien de tout ce que je viens de dire, rien de cette ambition. Cette réforme n'a rien d'une refondation de notre République. Alors pour nous, la réponse est simple: c'est non. Pas celle-là. Pas comme ça. Pas pour affaiblir tous les contre-pouvoirs et concentrer tous les pouvoirs dans les mains d'un seul. Non à ce marché de dupes", a ajouté le nouveau premier secrétaire de Parti Socialiste.  

L'exécutif, qui a dévoilé cette semaine ses arbitrages, veut notamment 30% de parlementaires en moins et 15% de proportionnelle aux élections législatives, et privilégie plutôt une adoption par la voie du Congrès parlementaire, selon le Premier ministre Édouard Philippe.

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