Invité du 7-9 de France Inter ce mercredi, Manuel Valls a confirmé l’évacuation cet automne de Notre-Dame-des-Landes, accusant Ségolène Royal "d'affaiblir l’autorité de l'Etat".

Ségolène Royal et Manuel Valls à la sortie de l'Elysée
Ségolène Royal et Manuel Valls à la sortie de l'Elysée © Maxppp / Frédéric Dugit

Deux ans jour pour jour après la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive de gendarmerie, sur la ZAD (Zone à Défendre) de Sivens (Tarn), les propos de Manuel Valls, ce mercredi matin sur France Inter, ont de quoi faire grincer des dents. Sur l’évacuation maintes fois annoncée de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où doit être construit un deuxième aéroport international pour l’agglomération nantaise, le Premier ministre déclare que "sur place, il y a ces zadistes qui veulent créer les conditions d’un drame, qu’il y ait des victimes, des martyrs." Des zadistes, affirme le chef du gouvernement, qui sont les ennemis de la démocratie. Pour justifier sa détermination à envoyer les CRS pour vider les dernières fermes de Notre-Dame-des-Landes et livrer le terrain aux engins de chantier, Manuel Valls s’érige en garant de cette même démocratie, et de "l’Autorité de l’Etat".

"Quand on aime la démocratie, quand on respecte le peuple, on respecte les décisions", et en l‘occurrence, la décision, validée par 55% des électeurs de Loire-Atlantique qui ont voté lors du référendum local contesté du 26 juin, c’est de construire l’aéroport. "C’est le peuple qui gouverne dans une démocratie et c’est lui qui s’est exprimé", martèle le Premier ministre.

VIDEO: Dans Interactiv', Manuel Valls répond aux questions de Patrick Cohen sur l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes

Ségolène Royal "affaiblit l'autorité de l'Etat"

Et parmi ceux qui "bafouent la parole du peuple", il n’y a pas que les zadistes. Il y aussi la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, qui a multiplié ces dernières semaines les prises de position contre l’évacuation de la ZAD et donc contre son Premier ministre. "Oui, bien sûr", dit Manuel Valls, la ministre affaiblit l’autorité de l’Etat qu’il veut, lui, "incarner".

Évacuation "progressive"

"Il faut respecter l’autorité de l’Etat. Donc, il y aura progressivement évacuation, avec méthode, territoire par territoire, à partir de cet automne, parce qu’il faut défricher, parce qu’il faut construire des soubassements pour cet aéroport de Notre-Dame-des-Landes, donc cela se fera". Raison économique et raison démocratique, aussi : "Parce que si ça ne se fait pas, ceux qui parlent de démocratie directe, de démocratie participative, ne pourront plus en parler, parce qu’aucun référendum d’initiative locale ne pourra plus être mis en œuvre". "On ne se met pas en travers de l’autorité de l’Etat et de la démocratie", conclut Manuel Valls.

"Il n'y a pas sujet à polémiquer", pour Ségolène Royal

Ce mercredi matin, comme chaque semaine, Manuel Valls et Ségolène Royal se retrouvaient autour de la table du conseil des ministres. a la sortie de l'Elysée, la ministre de l'Environnement a tenté de désamorcer cette énième opposition avec son chef de gouvernement: "Je ne polémique pas, j'exprime des convictions, je propose des solutions. Ma ligne, ça a toujours été la réconciliation entre la protection de l'environnement et le développement économique", affirme Ségolène Royal, "c'est tout, il n'y a pas sujet à polémiquer".

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