Entre le PCF, les Patriotes de Florian Philippot ou la liste menée par le chanteur Francis Lalanne, des "gilets jaunes" sont candidats sur plusieurs listes qui se présentent aux élections européennes.

En plus des listes labellisées "gilets jaunes", certains militants sont mis en avant sur des listes de partis traditionnels.
En plus des listes labellisées "gilets jaunes", certains militants sont mis en avant sur des listes de partis traditionnels. © Radio France / Julien Mougnon

Ceux qui voudront voter "gilets jaunes" aux élections européennes du 25 et 26 mai pourront le faire et auront, surtout, l'embarras du choix. Près de six mois après le début du mouvement, débuté fin novembre, plusieurs listes, de gauche ou de droite, mettent en avant des candidats issus du mouvement. Avec néanmoins quelques nuances (de jaune, forcément).

Le plus gros contingent de "gilets jaunes" se retrouve sur les listes "Alliance jaune" et "Évolution citoyenne".
Le plus gros contingent de "gilets jaunes" se retrouve sur les listes "Alliance jaune" et "Évolution citoyenne". © Radio France / Julien Mougnon

La liste 100% "gilets jaunes" de Francis Lalanne

"À ma connaissance, c'est la seule liste 'gilets jaunes' pour les européennes", ose Frédéric Mestdjian, en cinquième position, qui estime que les autres font de la "récupération". Portée par le chanteur Francis Lalanne, la liste "Alliance jaune" a été créée après plusieurs semaines de négociations, grâce à une alliance avec les représentants de la liste "Ralliement d'initiative citoyenne", dite "RIC". Une ébauche de liste avait déjà été tentée sous la houlette d'Ingrid Levavasseur, l'une des figures du mouvement, mais avait capoté mi-février provoquant l'éparpillement des militants.

La liste finale se veut "apartisane" et ses 79 candidats sont tous "des gens qui ont tous été concernés par le combat des 'gilets jaunes'", assure Frédéric Mestdjian, qui poursuit : "Ils ont contribué d'une façon ou d'une autre, soit sur les ronds-points, soit sur Internet, soit en faisant du bénévolat." La liste bénéficie d'une caution financière de 800 000 euros assurée par Jean-Marc Governatori, co-secrétaire national de l'Alliance écologique indépendante et ami de Francis Lalanne.

La liste "gilets jaunes" qui refuse l'étiquette "gilets jaunes"

Officiellement, les candidats de la liste "Évolution citoyenne" veulent eux aller au-delà de la simple étiquette "gilets jaunes" et se revendiquent comme des "citoyens" avec des opinions aussi bien de droite que de gauche. "On ne cherche pas à représenter le courant, beaucoup ne sont pas en phase avec la forme qu’il a pris aujourd’hui, explique Brice Blazy, le numéro 3 de la liste, qui préfère se référer aux revendications "originelles" du mouvement : "Le constat du 17 novembre [le premier week-end de mobilisation, ndlr], c’est que le pays dysfonctionne, et on attendait de monsieur Macron qu’il renverse la table."

La tête de liste est un "gilet jaune" de la première heure : Christophe Chalençon, forgeron engagé dans le Vaucluse, à l'origine d'une brouille diplomatique entre la France et l'Italie après avoir rencontré, début février, le vice-président du Conseil italien et dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi di Maio. "Les 79 candidats représentent la société civile et 90% d'entre eux ont participé au mouvement du 17 novembre", assure encore Brice Blazy. "Évolution citoyenne" indique également son intention de poursuivre l'engagement jusqu'aux élections municipales.

Dix "gilets jaunes" chez Florian Philippot

Le mouvement les Patriotes de l'ex-RN Florian Philippot et le mouvement "Jaunes et citoyens", conduit par le "gilet jaune" de l'Indre Jean-François Barnaba, ont annoncé, le 30 avril, qu’ils fusionnaient leur liste pour les élections européennes. Résultat : dix "gilets jaunes" sont identifiés comme tels sur les 79 candidats que compte la liste finale, dont Florian Philippot a pris la tête.

Parmi ces candidats, on retrouve des militants des Patriotes qui se sont mobilisés lors des manifestations. C'est le cas d'Olivier Fostier (31e position), responsable du parti dans les Ardennes, qui a perdu un œil suite à une manifestation le 23 mars à Charleville-Mézières. En quatrième position, Paulette Roure était candidate suppléante pour les élections législatives de 2017 en Isère, sous la bannière Front National. Jean-François Barnaba est en neuvième position.

Un seul chez Nicolas Dupont-Aignan

La liste menée par Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, ne compte qu'un seul "gilet jaune" revendiqué sur 79 candidats : Benjamin Cauchy, en neuvième position, qui assure également la fonction de porte-parole.

Présenté comme une "figure" des "gilets jaunes" par Debout la France, Benjamin Cauchy est très présent dans les médias depuis le début du mouvement. Début décembre, il a affirmé avoir été la cible de menaces après avoir signé une tribune condamnant les violences en marge des manifestations. Ancien conseiller municipal UMP à Laon (2008-2010) avant de se rapprocher de Debout la France, Benjamin Cauchy a assuré avoir été approché par "de nombreux leaders politiques, comme Jean Lassalle, des cadres du Rassemblement national, et des leaders nationaux des Républicains", avant de choisir Nicolas Dupont-Aignan, "le plus en accord" avec ses revendications.

Trois gilets jaunes chez les communistes

La liste du PCF, menée par Ian Brossat, met en avant trois "gilets jaunes" sur ses 79 candidats. Mamoudou Bassoum, en cinquième position s'est notamment illustré pour avoir porté un gilet jaune sur le podium des championnats d’Europe de taekwondo où il a remporté, le 1er décembre 2018, la médaille d'or des Masters des plus de 35 ans.

Mamoudou Bassoum est, chronologiquement, un militant PCF avant d'être un "gilet jaune" : il est adjoint à la mairie de Châlette-sur-Loing (Loiret). Dans le même esprit, Aurélien Crifo (63e poistion) est un militant communiste qui s'est beaucoup investi dans le mouvement à Mulhouse (Haut-Rhin). Quand à Elina Dumont (18e position), elle a plusieurs fois enfilé un gilet jaune, notamment sur le plateau de l’émission les Grandes gueules de RMC, où elle est chroniqueuse.

Les autres listes : UPR, Lutte ouvrière et France insoumise

L'UPR dit avoir deux "gilets jaunes" sur sa liste "Ensemble pour le Frexit", menée par François Asselineau : Julia Vincenzi et Hugues Maintenay, présents notamment fin-avril lors d'un rassemblement à Bordeaux.

Dans leur portrait sur le site Internet du parti, beaucoup de candidats de Lutte ouvrière se réfère aux combats des "gilets jaunes", sans pour autant afficher leur appartenance au mouvement. Même chose du côté de la France insoumise : "Nous n'avons pas de 'gilets jaunes' identifiés parmi nos candidats, mais cela n'empêche pas que certains aient pu participer à des manifestations", nous indique-t-on dans l'entourage de la tête de liste, Manon Aubry.

Le Mouvement pour l'initiative citoyenne : partisans du RIC

Ils se présentent comme des militants du référendum d'initiative citoyenne et n'ont pour seul projet que l'instauration de celui-ci. Le MIC, Mouvement pour l'initiative citoyenne a ainsi réussi à déposer une liste de 79 noms. Déjà candidat aux européennes de 2009, le mouvement dont la principale revendication a séduit grand nombre de "gilets jaunes" a tiré au sort ses candidats. C'est un chef d'entreprise breton, Gilles Helgen, qui sera numéro un de la liste dont on ne sait pas si elle comporte des "gilets". 

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