[scald=64149:sdl_editor_representation]par Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - La Grèce aura besoin d'un nouveau programme d'ajustement pour redresser son économie, a déclaré lundi le Premier ministre Lucas Papadémos devant le Parlement, ajoutant que les cent jours donnés à son gouvernement d'union ne suffiraient pas à accomplir cette tâche.

Peu auparavant, le dirigeant du parti conservateur Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, avait prévenu que sa formation, qui participe au gouvernement d'union nationale avec les socialistes du Pasok et le parti d'extrême droite LAOS, ne voterait pas de nouvelles mesures d'austérité.

"Pour poursuivre les efforts de redressement de l'économie, nous avons besoin du soutien de nos partenaires européens (...) et d'un nouveau programme d'ajustement budgétaire", a dit le Premier ministre lors d'un débat parlementaire en prévision d'un vote de confiance prévu mercredi.

Le chef du gouvernement, ancien vice-président de la Banque centrale européenne, a ajouté que le déficit budgétaire serait ramené à environ 9% du produit intérieur brut d'ici la fin de l'année.

Selon lui, les mesures d'austérité demandées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange de leur aide financière ont aggravé la récession et augmenté le chômage.

"C'est un fait que la crise et la politique actuelle ont aggravé la récession et le chômage", a-t-il dit, ajoutant que le problème pouvait être réglé par des réformes.

Il a enfin réaffirmé que la Grèce n'avait pas d'autre choix que de rester dans la zone euro et qu'il lui fallait élargir l'assiette fiscale et lutter contre la fraude.

Antonis Samaras a apporté son soutien aux mesures déjà approuvées pour tenter de sortir le pays de la crise mais a dit clairement qu'il ne voulait pas de nouvelles mesures d'austérité.

"Nous ne voterons pas en faveur de nouvelles mesures", a-t-il souligné lors d'une réunion avec les députés de Nouvelle Démocratie.

Il s'est dit en accord avec les objectifs de réduction du déficit et de la dette et de lutte contre les gaspillages, mais hostile à toute politique qui empêcherait la reprise économique.

MANIFESTATION CONTRE L'AUSTÉRITÉ JEUDI

Antonis Samaras a précisé qu'il ne signerait pas de lettre d'engagement, ce que demandait le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, en ajoutant que sa parole suffisait.

Bien que le parti de Samaras soit membre du nouveau gouvernement de coalition, son soutien au cabinet en place depuis trois jours est resté tiède jusqu'ici.

Une autre formation gouvernementale, le LAOS, a aussi fait savoir qu'elle n'appuierait pas de nouvelles réductions de salaires ou de retraites.

La position de la droite laisse prévoir des tensions persistantes entre Nouvelle Démocratie et le Pasok de l'ex-Premier ministre George Papandréou, tensions qui ont poussé la Grèce au bord du gouffre la semaine dernière et incité ses partenaires de l'UE à envisager sa sortie de l'euro.

Autre signe de désaccords au sein même de Nouvelle Démocratie, Samaras a exclu de son groupe parlementaire le député modéré Sotiris Hatzigakis après que ce dernier eut insinué qu'il y avait des éléments d'extrême droite à l'intérieur du parti.

Des inspecteurs de la "troïka" formée par l'UE, le FMI et la BCE devaient rencontrer les membres du nouveau gouvernement mercredi après le vote de confiance, mais leur venue est à présent incertaine.

Des dizaines de milliers de manifestants hostiles aux mesures d'austérité engagées depuis plus d'un an se rassembleront jeudi, pour l'anniversaire du soulèvement estudiantin qui contribua à renverser la junte militaire au pouvoir en Grèce de 1967 à 1974.

Mardi, les fonctionnaires sont appelés à un débrayage de trois heures en signe de protestation contre les licenciements, les réductions de salaires et de pensions de retraite décidés en octobre. Un syndicat du secteur privé envisage de son côté des grèves nationales dans le courant du mois après l'adoption du budget au Parlement.

Avec Harry Papachristou et Angeliki Koutantou; Jean-Stéphane Brosse, Philippe Bas-Rabérin, Jean-Loup Fiévet et Guy Kerivel pour le service français

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