Ce qu’il y a de consternant dans la crise financière actuelle c’est une nouvelle fois la contradiction entre une politique économique mise en place depuis 2007 et la volonté affichée de Nicolas Sarkozy en pleine crise de vouloir réguler un capitalisme financier devenu fou. « Quand tout allait bien on savait qui touchait les bonus « a déclaré le président devant l’ONU. Le problème c’est que lorsque tout commençait à aller mal, en juillet 2007, le même Nicolas Sarkozy faisait adopter son bouclier fiscal qui limite à 50% le prélèvement total sur les revenus. Objectif affiché à l’époque faire revenir les grosses fortunes parties en Belgique ou tout du moins empêcher celles qui sont en France de s’expatrier. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir parmi ceux qui ont bénéficié de cette mesure s’il existe beaucoup de titulaires de bonus. D’autre part Laurence Parizot souhaite désormais supprimer les parachutes dorés. Je ne doute pas de sa bonne foi et l’on ne peut que l’encourager dans cette voie. Le problème c’est qu’elle n’a aucune chance d’y parvenir sauf à remettre en cause fondamentalement le droit des contrats privés. Or, cette remise en cause ne peut se faire qu’en empruntant un seul chemin, la voie parlementaire c’est-à-dire la loi. Tiens, tiens le MEDEF si prompt à défendre le contrat au détriment du législatif en matière de droit du travail serait prêt à ce que le législateur vienne mettre son nez dans les contrats qui lient les dirigeants à une entreprise en matière de rémunération ? Soyons réalistes. La seule voie sérieuse pour contrer les abus des parachutes dorés et autres bonus excessifs reste l’arme fiscale. Les Hollandais l’ont bien compris. Le gouvernement vient de décider d’imposer à hauteur de 30% les parachutes dorés supérieurs à un an de salaire et à 500 000 euros. L’idée intelligente serait peut-être de faire la même chose en France (avec pourquoi pas une imposition plus élevée), puis de mettre l’argent récolté sur fonds de soutien aux jeunes entreprises innovantes. Créer une sorte de « Business Angel » public. L’économie s’en porterait peut-être un peu mieux.

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