[scald=68901:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - France et Allemagne proposeront à leurs partenaires européens plus de discipline budgétaire et plus de solidarité au prochain Conseil européen du 9 décembre, a déclaré mardi la ministre française du Budget, Valérie Pécresse.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy multiplient les contacts pour mettre au point ces propositions et, selon une source gouvernementale, les choses bougeront dans les 48 heures.

"Le président de la République et la chancelière, ensemble, vont proposer une nouvelle étape pour la zone euro. Pour qu'elle soit plus solide et plus protectrice de chacun de ses membres et de chaque européen," a dit Valérie Pécresse lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"Et, pour cela, nous proposerons à nos partenaires européens et aux institutions européennes plus de discipline budgétaire et plus de solidarité.", a-t-elle ajouté. "Plus de discipline budgétaire parce que nous voterons et appliquerons la règle d'or de réduction des déficits."

Paris et Berlin veulent convaincre leurs partenaires de l'Union européenne de modifier le pacte de stabilité de l'euro afin de rendre automatique l'ouverture d'une procédure pouvant mener à des sanctions en cas de déficit excessif et d'obliger un Etat membre à soumettre son projet de budget à Bruxelles.

Si ce n'est pas possible à Vingt-Sept, l'axe franco-allemand souhaite avancer avec les seuls membres de la zone euro, voire une partie d'entre eux seulement en cas de difficulté.

UN RÔLE CENTRAL POUR LA COMMISSION

Pour Berlin, cette volonté affichée de s'engager dans une réforme des traités qui mettrait en place une véritable discipline budgétaire est susceptible de calmer les marchés qui attaquent actuellement les pays les plus endettés.

La France espère de son côté que cela permettra à la Banque centrale européenne d'intervenir massivement.

Mais les négociations ne sont pas terminées entre les deux pays, confirme-t-on de source française et allemande.

"Les choses vont avancer beaucoup dans les prochaines 48 heures", a déclaré un haut responsable gouvernemental français.

Nicolas Sarkozy doit prononcer jeudi à Toulon un grand discours sur l'économie et l'Europe tandis qu'Angela Merkel interviendra vendredi devant le Bundestag. Les deux dirigeants pourraient alors révéler les contours d'un éventuel accord.

L'une des pierres d'achoppement est la mission dévolue à la Commission européenne, à laquelle l'Allemagne veut donner un rôle central dans l'examen et, le cas échéant, le rejet du projet de budget d'un pays en situation de déficit excessif.

La France reste réticente à l'encontre d'un tel abandon de souveraineté en faveur de l'exécutif européen, même si certains ministres ont ouvert la porte.

"On verra si c'est la Commission européenne, on verra si c'est le Conseil, on verra si c'est je ne sais quelle institution européenne. Ce qui compte, c'est que nous nous assurions que les disciplines budgétaires sont bien respectées à l'intérieur de la zone euro", a déclaré lundi sur Europe 1 le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire.

Jean-Baptiste Vey et Matthias Blamont, édité par Yves Clarisse

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