PARIS (Reuters) - La France travaille avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne sur l'objectif d'utiliser les stocks stratégiques de pétrole, ont déclaré mercredi les ministres de l'Energie et du Budget.

Le but est de faire baisser les prix des carburants, dont la hausse menace l'activité économique et l'emploi, à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle.

"Ce sont les Etats-Unis qui ont demandé et la France a accueilli favorablement cette hypothèse", a dit le ministre de l'Energie, Eric Besson, à la sortie du conseil des ministres. "On attend les conclusions de l'Agence internationale de l'énergie."

La porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, a pour sa part déclaré : "La France accompagne les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans les consultations de l'AIE qui pourraient permettre de puiser dans nos réserves énergétiques pour casser la spéculation."

"Nous travaillons aussi à convaincre les pays producteurs d'énergie à mettre davantage de ressources sur les marchés", a-t-elle ajouté.

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Les stocks d'essence à la rescousse, Bruce De Galzain

Poussés par la hausse des prix du pétrole, qui se traite à près de 125 dollars le baril pour celui de la Mer du Nord (Brent), un niveau seulement récemment dépassé mi-2008 à près de 150 dollars, les carburants ont fortement augmenté.

Le litre d'essence s'est ainsi approché de 2 euros dans certaines stations parisiennes les plus chères courant mars, selon le comparateur de prix du ministère de l'Economie.

Cette hausse pénalise la consommation des ménages, alors que le pouvoir d'achat a stagné fin 2011, et menace l'emploi, au moment où le nombre de chômeurs est à son plus haut niveau depuis fin 1999.

Agir pour faire baisser les prix est pour Nicolas Sarkozy une façon de répondre aux promesses de gel temporaire des prix et de rétablissement de la "TIPP flottante" du candidat socialiste François Hollande, favori des sondages.

La question de l'utilisation des stocks stratégiques est posée avec acuité aux Etats-Unis, également en campagne présidentielle, même si la décision de l'Arabie saoudite d'intervenir pour palier toute perturbation de la production qui serait provoquée par les tensions avec l'Iran a rassuré.

Il revient traditionnellement à l'Agence internationale de l'Energie (AIE), basée à Paris, de coordonner les libérations de réserves stratégiques de pétrole.

Mais l'AIE a jusqu'à présent refusé de coordonner une libération globale de stocks parmi ses 28 pays membres.

Yann Le Guernigou, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

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