Toutes les enquêtes d'opinion, se basant sur les intentions de vote, l'affirment : les partis majoritaires traditionnels notamment de centre-droit devraient être en recul. Les partis et mouvements nationalistes, populistes ou eurosceptiques, en revanche, devraient voir leurs troupes multipliées.

Manfred Weber, de la CDU, est l'un des candidats pour prendre la tête de la Commission européenne.
Manfred Weber, de la CDU, est l'un des candidats pour prendre la tête de la Commission européenne. © Radio France / Armin Weigel

C'est normalement en Grande-Bretagne que le principe du vase communicant entre le vote pour la droite classique et le vote nationaliste devrait être le plus visible. Le Brexit Party de Nigel Farage est en effet crédité de près de 35 % des intentions de vote, alors que les mêmes sondages ne donnent pas plus de  11 à 12 % des suffrages aux conservateurs. 

En Italie, la Lega pourrait obtenir 25 sièges

Ailleurs en Europe, le siphonnage de la droite traditionnelle par les extrême-droites est moins évident mais sans doute réel. En Italie, Forza Italia n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été et c'est bien la Ligue de Mateo Salvini qui fait très nettement la course en tête. Une Lega qui pourrait se retrouver avec 25 députés européens et devenir ainsi le second parti le mieux représenté au Parlement, après la CDU allemande qui devrait obtenir une trentaine d'élus.

En Allemagne, l'AfD en nette progression même si la CDU se maintient

En Allemagne justement, les intentions de vote en faveur de l'extrême droite, en l'occurrence pour Alternativ für Deutschland (AfD), semblent en nette progression. Les enquêtes d'opinion promettent à l'AfD une douzaine de sièges contre un seul actuellement. Un parti qui a promis de faire cause commune et donc de siéger avec les nationalistes italiens de Mateo Salvini et français de Marine Le Pen. Reste que ce n'est pas forcément chez les chrétien-démocrates de la CDU que l'AfD est allé prendre ses voix

Les enquêtes d'opinion donnent une CDU en léger recul par rapport à 2014, elle pourrait perdre trois ou quatre sièges seulement. Avec 30 députés européens (34 aujourd'hui), la CDU resterait le plus important parti national représenté à Bruxelles et Strasbourg et la principale force au sein du PPE le Parti des peuples européens, lui-même premier parti européen.

En France, LREM va profiter du recul de LR 

Enfin, en France le principe du vase communicant entre droite et extrême droite est encore moins convaincant : si les sondages promettent au parti Les Républicains de perdre huit à neuf sièges à Bruxelles, ce n'est pas tant l'extrême-droite que les centristes de LREM qui devraient en profiter. Le Rassemblement national, pour sa part, devrait rester sur le même étiage que lors de la précédente consultation en 2014 : les enquêtes d'opinion lui promettent une vingtaine d'élus.  

Où siégera le parti de Viktor Orbàn ? 

Le Parti des peuples européens, qui regroupe les partis de centre-droit de la plupart des pays européens - Tories britanniques mis à part - devrait donc bien perdre au moins 30 députés, mais il demeurera sans doute le premier parti au Parlement. À terme demeurera pourtant une inconnue le concernant : la présence en son sein de la Fidesz de Viktor Orban. Actuellement suspendu de ce PPE, le Premier ministre Hongrois et la quinzaine de députés qu'il devrait faire élire le 26 mai pourraient choisir de rompre complètement avec la droite classique, et rejoindre les droites nationalistes... à vrai dire beaucoup plus proches de lui, idéologiquement parlant.  

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