Mardi, l'Association des maires de France ouvre son congrès annuel à Paris. À moins de six mois de l'élection présidentielle, les candidats et candidates vont en profiter pour accélérer leur course aux parrainages. Car si certains ont peu de soucis à se faire, le chemin est encore long pour une partie d'entre eux.

C'est le Conseil constitutionnel qui doit valider les parrainages d'élus pour l'élection présidentielle
C'est le Conseil constitutionnel qui doit valider les parrainages d'élus pour l'élection présidentielle © AFP / Martin Bureau

Opération séduction lancée, à partir de mardi Porte de Versailles, à Paris, à l'occasion du congrès de l'Association des maires de France. Alors que l'association va élire celui ou celle qui succèdera à François Baroin au poste de président ainsi que le nouveau bureau exécutif, les élus vont recevoir la visite des candidats et candidates à l'élection présidentielle et de leurs équipes. Ceux-ci ont en tête un objectif : collecter le plus de promesses de parrainages d'élus pour valider leur candidature.

La règle est simple : pour entrer dans la course de façon officielle, les candidats doivent recueillir et remettre au Conseil constitutionnel au moins 500 parrainages d'élus (des parlementaires ou des élus locaux, qui peuvent être maires ou conseillers territoriaux). Ces 500 signatures doivent être issues d'au moins 30 départements différents et il ne faut pas plus de 10% des signatures émanant d'un même département. Cette année, la date limite est fixée au 4 mars à 18 heures au plus tard.

Depuis 2016, les listes de parrainages sont publiées : on sait désormais quels élus ont signé pour qui, ce qui a changé la donne notamment pour les extrêmes. Où en sont les uns et les autres dans la course aux parrainages ? Le service politique de France Inter a fait le tour des aspirants à l'Élysée.

Ceux qui ne se font pas (trop) de souci

Anne Hidalgo : L'entourage de la candidate socialiste confie n'avoir "aucune inquiétude" sur cette question, "car nous avons déjà plus de 500 élus locaux et parlementaires encartés au Parti socialiste". Toutefois, les proches de la maire de Paris font tout de même "partir aujourd'hui une lettre aux 34 000 maires". En 2017, le candidat socialiste Benoît Hamon avait récolté 2 039 signatures.

Yannick Jadot : L'équipe du candidat assure que "ce n'est pas un sujet d'angoisse car nous avons déjà 350 élus locaux, une centaine de plus par rapport à 2017". En d'autres termes, le candidat EELV n'a "que" 150 signatures à aller chercher chez des élus non encartés. En 2017, Yannick Jadot s'était retiré au profit de Benoît Hamon, mais son entourage assure qu'il avait de toute façon récolté 525 promesses.

Emmanuel Macron : "On travaille, mais on n'a pas d'inquiétude, on fera mieux qu'en 2017", où le candidat Macron avait collecté 1 829 parrainages, selon les proches du Président. À La République en Marche, Sébastien Lecornu vient de monter environ 200 comités locaux de soutien à la réélection d'Emmanuel Macron : chacun compte entre trois et 10 élus. Mathématiquement, cela devrait passer.

Le ou la candidate Les Républicains : On ne connait pas encore le nom de celui ou celle qui représentera le parti de droite à la présidentielle, le Congrès qui le ou la désignera ayant lieu le 4 décembre prochain. Mais là encore, en raison du très fort ancrage local du parti, les LR ont peu de souci à se faire. En 2017, ils avaient battu le record tous partis confondus du nombre de parrainages, avec 3635 signatures déposées au Conseil Constitutionnel en faveur de François Fillon.

Ceux qui doivent encore chercher des soutiens

Marine Le Pen : La barre des 300 promesses de parrainages est franchie, mais "c'est extrêmement difficile" pour la suite, selon l'entourage de la présidente du RN. "Les élus reçoivent des pressions à la subvention de la part des présidents de communautés de communes ou des présidents de conseils départementaux", conséquence de la publicité des parrainages en vigueur depuis 2016. "C'est dur pour tous les candidats qui n'ont pas déjà leurs 500 élus encartés", explique-t-on au RN. Quelque 627 élus avaient signé pour elle en 2017.

Jean-Luc Mélenchon a pour l'heure dépassé les 250 promesses de parrainages. "On avance doucement, on en veut 700 pour être à l'aise, car en 2017, 15% des promesses ne s'étaient pas transformées en actes". En 2017, il avait collecté 805 signatures.

Anasse Kazib : Candidat pour la première fois, le cheminot, syndicaliste SUD Rail, bénéficie, selon son entourage, d'environ 150 parrainages à l'heure actuelle.

Nicolas Dupont-Aignan : "On flirte avec les 400, sans réussir à passer le cap", confient les proches du candidat, qui avait validé 707 parrainages en 2017. "Nos élus reçoivent beaucoup de pressions, ils sont également perdus par un casting inconnu, avec beaucoup de candidats non déclarés", dit-on.

Arnaud Montebourg : il déclare avoir entre 220 et 230 signatures à l'heure actuelle.

Philippe Poutou : il avance pour l'heure un chiffre de 168 promesses de parrainages. En 2017, il avait fini par obtenir 573 signatures à la date limite. "Notre problème, ce sont les parrainages", a-t-il reconnu mardi matin, invité de France Inter.  

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Florian Philippot : il revendique environ 200 promesses aujourd'hui, explique son entourage, qui rappelle que le candidat a envoyé une lettre aux maires fin août.

Ceux qui ne communiquent pas

Éric Zemmour : Parmi les "candidats non déclarés" cités par Nicolas Dupont Aignan et qui pourraient changer la donne parmi les parrainages à la droite de la droite, il y a évidemment Éric Zemmour. Si celui-ci n'a toujours pas déclaré sa candidature, ses soutiens avaient pourtant communiqué, courant septembre, qu'il comptait déjà une centaine de promesses de parrainages. Depuis, silence radio, l'équipe refuse de communiquer sur ce sujet.

Nathalie Arthaud : "Nous ne communiquons pas, ces parrainages sont une mesure anti-démocratique qui ne nous a jamais empêchés de nous présenter", affirme l'équipe de la candidate Lutte Ouvrière. En 2017, effectivement, elle avait assez largement dépassé les 500 parrainages, en validant 637 signatures.

François Asselineau : L'entourage du président de l'UPR ne communique pas de chiffre mais assure "qu'on est mieux placé à l'instant T qu'il y a cinq ans". En 2017, le candidat avait au final validé 587 parrainages auprès du Conseil constitutionnel.

Fabien Roussel : lui non plus ne communique pas sur ces chiffres, mais "on n'est pas inquiets" déclarent les équipes du candidat du PCF.

Hélène Thouy : la candidate du parti animaliste ne communique pas non plus ses chiffres, mais "on sera très présent au congrès de l'AMF pour solliciter les maires à la cause animale".