Pas besoin de culture générale pour étudier la politique ?

Par Vincent Nicolle JDLP à Bordeaux.

Un scandale sans précédent parait il. En décembre dernier, l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Paris annonce vouloir retirer les épreuves de culture générale au concours post-baccalauréat. Outre des commodités de recrutement pour un cursus en vogue qui attire sans cesse plus d’étudiants, cette mesure vise avant tout à supprimer l’épreuve la plus socialement discriminante du concours au profit d’un oral axé sur la personnalité du candidat.

Cette idée d’inspiration anglo-saxonne est loin de faire l’unanimité. Mais que l’on soit d’accord ou pas, cet effet d’annonce ne mérite pas les cris d’orfraie poussés par des intellectuels défenseurs de la culture générale.

Soit dit en passant, la culture générale telle qu’elle apparaît dans le concours ne s’apparente qu’à un vaste bachotage de références classiques . Bref, des citations destinées à construire une dissertation dialectique sur des sujets un peu rebattus, sans oublier les contraintes formelles (une problématique, un plan en deux parties, lesquelles contenant à leur tour deux sous-parties).

Par ailleurs, la culture générale ne disparait pas du cursus de l’IEP , (personne ne le dit) et pour cause elle reste un élément central et nécessaire pour cette formation axée sur toutes les grandes problématiques contemporaines. Chaque école est libre de définir les modalités d’admission des candidats à son entrée. L’orientation assumée par l’IEP de Paris ne m’a guère surpris. En effet, elle s’inscrit dans une logique déjà amorcée par R. Descoings il y a quelques années qui cherche à diversifier les mode de recrutement de son école de la rue Saint Guillaume .

En réalité, ce sont les critiques formulées sur le thème du délitement des élites qui frappent les esprits. Elles peinent à masquer la remise en cause plus systématique du niveau culturel global de notre jeunesse . Méthode grossière.

Voilà qui ajoute aux résultats sévères d’un récent sondage qui jugeait les jeunes : « égoïstes » (63%), « paresseux » (53%), « intolérants » (53%) ou encore « pas engagés » (64%). Il va sans dire que ce constat généralisant injuste témoigne d’une incompréhension intergénérationnelle.

Alors, pour conclure sur une note de culture générale tel un bon étudiant de Sciences Po, je dirais pour notre défense et avec Jean-Jacques Rousseau : « La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer . »

Par Vincent Nicolle, JDLP à Bordeaux

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.