[scald=95501:sdl_editor_representation]par Emile Picy

PARIS (Reuters) - Les noms des élus parrainant les candidats à l'élection présidentielle en France continueront à être rendus publics contrairement à ce que souhaitait le Front national qui est toutefois confiant sur les capacités de sa candidate Marine Le Pen à recueillir les 500 signatures requises.

Le Conseil constitutionnel a rejeté mardi une question prioritaire de constitutionnalité déposée par le FN qui réclamait l'anonymat pour les parrains afin d'éviter qu'ils ne subissent des pressions.

"Au total, le Conseil a rejeté les griefs tirés de la méconnaissance du principe du pluralisme des courants d'idées et d'opinions et du principe d'égalité devant la loi. Il a jugé conforme à la Constitution le cinquième alinéa du paragraphe I de l'article 3 de la loi du 6 novembre 1962", annoncent les "Sages" dans un communiqué.

Cet alinéa de la loi relative à l'élection du président de la République dispose que les noms des élus-parrains, qui doivent être au nombre de 500 minimum par candidat, "sont rendus publics par le Conseil constitutionnel huit jours au moins avant le premier tour de scrutin, dans la limite du nombre requis pour la validité de la candidature".

Les "Sages" ont estimé que la présentation des candidats ne pouvait être assimilée à un vote et n'était donc pas tenue aux principes d'égalité et de secret du suffrage.

En outre, la publicité ne va pas à l'encontre du principe du pluralisme des courants d'idées et d'opinions, souligne le Conseil constitutionnel.

La question prioritaire de constitutionnalité avait été déposée par le Front national et avait reçu le soutien de plusieurs "petits" candidats, comme Corinne Lepage (Cap21) et Christine Boutin, chef de file du Parti chrétien-démocrate et ralliée depuis une semaine à la candidature de Nicolas Sarkozy.

"TARTINE"

"Ça ne m'étonne pas outre mesure", a réagi Jean-Marie Le Pen auprès de Reuters TV. "Les neuf membres du Conseil constitutionnel sont nommés par le président de l'Assemblée, celui du Sénat et par le président de la République, par conséquent ils savent de quelle côté leur tartine est beurrée".

Dans la matinée, Jean-Marie Le Pen s'était montré confiant sur les capacités de sa fille à recueillir les 500 parrainages requis.

Prié de dire si le FN finirait par obtenir ces signatures, il avait répondu : "Une fois de plus, oui, mais en ayant consacré la plus grande partie de la campagne électorale à cette démarche administrative qui devrait être simplifiée".

Lors de l'audience du 16 février au Conseil constitutionnel, le FN avait plaidé pour l'anonymat des "parrains" et Marine Le Pen avait affirmé que des élus subissaient des pressions pour ne pas lui accorder leur signature.

Corinne Lepage, qui demandait l'abrogation de la modification de la loi, a indiqué que "l'hypocrisie qui consiste à vanter le référendum pour mieux bafouer le vote qui en résulte est avérée."

"Je lance un appel à tous les maires indépendants, qui ont dans l'histoire été bien souvent des exemples de courage, à résister et à donner des parrainages quelles que soient les pressions auxquelles ils sont soumis", écrit-elle dans un communiqué.

Christine Boutin avait proposé pour sa part que le parrainage s'élargisse aux conseillers municipaux afin de permettre aux minorités de s'exprimer.

Avec Marine Pennetier, édité par Patrick Vignal

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.