Loi Travail : pas de motion de la gauche pour les frondeurs
Loi Travail : pas de motion de la gauche pour les frondeurs © MaxPPP / Francois Lafite

Alors que la motion de censure de la droite et du centre sera examinée ce jeudi à l’Assemblée Nationale, les députés socialistes frondeurs ont tenté de trouver les soutiens nécessaires pour formuler une motion de gauche. Raté (à deux voix près).

"Monter une motion de censure de gauche serait évidemment plus lisible que de se rallier à celle de la droite ". Le constat de bon sens émanait du député socialiste frondeur Laurent Baumel ce mercredi matin.

A deux voix près

Mais quelques heures plus tard, on est passé du constat de bon sens au constat d'échec : les frondeurs n'ont pas réussi à rassembler assez de soutiens pour présenter une motion de censure contre le gouvernement afin de protester contre le recours à l'article 49-3 de la Constitution pour faire passer la loi Travail.

Il fallait trouver 58 députés pour que la motion soit valide. Or, seuls 56 parlementaires ont signé le texte, dont "au moins 30 socialistes " selon Laurent Baumel. "Au moins, on aura essayé de faire quelque chose " a conclu le député socialiste frondeur devant la presse.

Être ou ne pas être avec la droite, telle est la question

Le dilemme est désormais simple : faut-il voter la censure avec la droite et le centre ? Certes, les frondeurs et l’opposition ne sont pas d’accord avec le texte porté par Myriam El Khomri, mais pas pour les mêmes raisons. "La droite dit « On n'est pas d'accord avec cette loi parce qu'elle n'est pas assez libérale ». Nous, on pense le contraire ".

Le député socialiste frondeur Pascal Cherki était ce mercredi l'invité d'Intertreize.

"Chaque député de gauche sera face à sa responsabilité. Personne ne peut se retrancher derrière le lâche soulagement du 49-3 ". Pascal Cherki.

Ce mercredi matin, les députés socialistes frondeurs Benoît Hamon et Christian Paul ont écarté la possibilité de voter la motion de censure déposée par la droite. Tous deux expliquent leur choix par la politique du moins pire : mieux vaut la politique de Manuel Valls que celle de Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé.

Pas de tergiversation en revanche pour le Front de Gauche, qui, une fois l'échec d'une motion de gauche connu, a annoncé qu'il votera la motion LR et UDI.

Le gouvernement confiant

Côté exécutif, on n’est pas inquiet. Le gouvernement "ne sera pas renversé " assure Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, tout en avertissant les députés socialistes qui pourraient voter la censure de droite, que la responsabilité qui pèse sur leurs épaules est énorme : "Ceux qui sont contre la loi, au nom du fait qu'elle serait une remise en cause du droit du travail, s'allient en fait à ceux qui vraiment veulent le remettre en cause, il n'y a qu'à regarder les propositions d'Alain Juppé. C'est ça l'alliance qui pose (...) problème ". Manuel Valls a lui expliqué que cela lui "fendait le coeur " de devoir utiliser le 49-3, mais qu'il ne craignait pas que son gouvernement soit renversé.

Trois journées d'action sont d'ores et déjà prévues : ce jeudi, ainsi que les 17 et 19 mai. Ce mardi soir, les militants de Nuit Debout sont allés manifester leur colère après l'annonce du recours au 49-3, devant l'Assemblée Nationale.

Aurélie Filippetti était l'invité de Léa Salamé à 7h50 ce mercredi matin.

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