Il a refusé deux fois. Mais cette fois, il y va. Pascal Canfin accepte de rejoindre la République en Marche pour les élections européennes. Le directeur de WWF France sera sur la liste conduite par Nathalie Loiseau, qui doit démissionner de son poste de ministre des Affaires européennes.

Le directeur du WWF France, Pascal Canfin, accepte de rejoindre la liste de la République en marche pour les élections européennes.
Le directeur du WWF France, Pascal Canfin, accepte de rejoindre la liste de la République en marche pour les élections européennes. © Maxppp / Vincent Isore/IP3

C'était le 30 août 2018, deux jours après la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. Pascal Canfin prophétise, sur France Inter : "Aucun écologiste ayant des convictions écologiques n'ira dans ce gouvernement s'il n'y a pas de big bang (...) L'État aujourd'hui n'est pas organisé pour produire la transition écologique à l'échelle dont on a besoin." 

Sur Twitter, il avait ajouté dans la foulée : "Je ne souhaite pas être sur la liste En marche aux Européennes, car je veux garder ma liberté. Mais contrairement à ce qui a été dit, cela n’est pas lié au nombre de fermetures de centrales nucléaires qui n’est pas encore décidé !".

"Il faut arrêter de faire semblant"

Sept mois plus tard, le directeur du WWF France ne rejoint pas le gouvernement, mais accepte d'être sur la liste de la République en Marche (LREM) pour les élections européennes. Une liste portée par Nathalie Loiseau, qui doit démissionner de son poste de ministre des Affaires européennes.

Le "big bang" a-t-il eu lieu ? Approché à l'époque par Emmanuel Macron pour remplacer Nicolas Hulot, Pascal Canfin avait réclamé des gages : la possibilité de changer l'administration et de choisir ses secrétaires d'État. L'Elysée n'avait pas donné suite et Pascal Canfin d'expliquer qu'il était "très bien" à la tête du WWF France.

Automne 2018, rebelote : l'ancien ministre de François Hollande est sollicité pour mener la liste LREM aux élections européennes. Il décline la proposition. Le 20 novembre, toujours sur France Inter, il adresse cette pique au président de la République, à propos de la rénovation des immeubles mal isolés : "C'était vrai sous Nicolas Sarkozy, c'était vrai sous François Hollande, c'est vrai sous Emmanuel Macron : on dit qu'on va le faire et on ne le fait pas. Il faut arrêter de faire semblant."

Malgré ces prises de distance, Pascal Canfin ne s'est jamais privé de louer la politique d'Emmanuel Macron à l'international. "Objectivement c'est l'un des très rares à faire le job diplomatique sur le climat", confiait-il il y a quelques semaines. Il ne manquait pas grand chose les deux premières fois, la troisième aura été la bonne.

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