Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a saisi le procureur de la République sur la question des passeports diplomatiques qu'Alexandre Benalla aurait continué d'utiliser après son licenciement de l’Élysée. Et ce, malgré les demandes du Quai d'Orsay.

La justice est désormais saisie de l'affaire des passeports diplomatiques détenus par Alexandre Benalla
La justice est désormais saisie de l'affaire des passeports diplomatiques détenus par Alexandre Benalla © AFP / Alain Jocard

L'Élysée dit avoir, dès son renvoi pour motif disciplinaire en juillet, "demandé aux administrations compétentes de procéder aux démarches nécessaires afin que les passeports soient restitués et ne puissent plus être utilisés". La présidence aurait également demandé au ministère des Affaires étrangères "de prendre toutes les mesures appropriées" contre Alexandre Benalla.

Un ministère qui affirme avoir réclamé en juillet, puis en septembre la restitution par l'ex-collaborateur de Élysée de ces deux passeports, comme le montrent plusieurs documents que s'est procuré France Inter.

  • Le 23 avril, Alexandre Benalla signe un engagement de restitution de "mon passeport diplomatique à l’issue de "ma mission"
  • Le 26 juillet le Ministère des Affaires étrangères demande par lettre recommandée à Alexandre Benalla de rendre les deux passeports diplomatiques en sa possession.
  • Le 10 septembre le Ministère des Affaires étrangères relance par courrier Alexandre Benalla.

L'entourage d'Alexandre Benalla a contre-attaqué en début de soirée. Ses proches affirment que l'ancien conseiller n'a jamais reçu de relance : il y aurait eu une lettre "reçue début août", quand il était en train de déménager et que les passeports étaient dans son bureau à l’Élysée. "Ensuite, on les lui a restitués".

Le Quai d'Orsay a annoncé ce vendredi que Jean-Yves Le Drian a saisi le procureur de la République, "sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale", qui enjoint tout représentant des autorités de le faire s'il a connaissance d'un crime ou d'un délit. Dans le courrier adressé au procureur de la République, Jean-Yves Le Drian, explique que les agissements d'Alexandre Benalla "paraissent susceptibles de qualification pénale au titre notamment de l'abus de confiance et/ou de l'exercice d'une activité dans les conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique".

Alexandre Benalla est revenu sur le devant de la scène après un voyage au Tchad début décembre, juste avant un déplacement officiel d'Emmanuel Macron. Cela avait immédiatement relancé les spéculations sur les activités de l'ex-chargé de mission de l'Élysée ces derniers mois.

Qui est Alexandre Benalla
Qui est Alexandre Benalla © AFP / Sabrina BLANCHARD, Maryam EL HAMOUCHI
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