Penelope Fillon a été mise en examen mardi dans l'enquête sur ses emplois présumés fictifs. A un mois du premier tour, c'est un écueil de plus pour le candidat LR.

Penelope Fillon a été mise en examen mardi après une audition de plusieurs heures au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris
Penelope Fillon a été mise en examen mardi après une audition de plusieurs heures au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris © AFP / Lionel BONAVENTURE

C'est au tour de l'épouse du candidat Les Républicains François Fillon de se voir signifier sa mise en examen. Ce mardi, au terme d'une audition de plusieurs heures au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, Penelope Fillon a été mise en examen pour "complicité et recel de détournement de fonds publics", "complicité et recel d'abus de biens sociaux" et "recel d'escroquerie aggravée", selon une source judiciaire.

Une mise en examen qu'a déploré mardi soir l'avocat, de Penelope Fillon, parce qu'elle est, indique-t-il "à charge" uniquement. Me Pierre Cornut-Gentille, a ainsi noté que "les magistrats instructeurs ont décidé de mettre en examen Penelope Fillon, dans la logique d'une enquête et d'une instruction conduites exclusivement à charge, au mépris de la séparation des pouvoirs et de la présomption d'innocence, dans des délais de rapidité hors norme".

Il s'agit de la troisième mise en examen dans cette affaire, après celles de François Fillon, le 14 mars, et de son ancien suppléant à l'Assemblée, Marc Joulaud, le 24 mars.

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"L'innocence de Penelope et de François Fillon sera reconnue"

"Lorsque cette affaire sera examinée dans la sérénité et le respect des principes de droit, je maintiens que l'innocence de Penelope et de François Fillon sera reconnue", a ajouté Me Cornut-Gentille dans un communiqué diffusé par l'équipe du candidat à la présidentielle.

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Cette audition, dont la date était connue depuis plusieurs jours, s'est déroulée avec beaucoup de discrétion. De nombreux journalistes présents devant le pôle financier ont tenté d'apercevoir la compagne du candidat de la droite à l'élection présidentielle. Sans succès, puisqu'ils n'ont pu la voir ni à son entrée, ni à sa sortie des locaux.

Au coeur de l'enquête : les contrats de Penelope Fillon, de 1986 à 2013 avec plusieurs interruptions, comme assistante parlementaire de son mari ou de Marc Joulaud, pour lesquels elle a été rémunérée au total 680 380 euros net, ainsi que son contrat à La Revue des deux mondes, entre mai 2012 et décembre 2013, pour un salaire de 5 000 euros brut mensuels.

Les juges d'instruction Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau cherchent à savoir si ces emplois étaient effectifs.

François Fillon a défendu vigoureusement la réalité du travail accompli par sa femme, affirmant qu'elle s'occupait de "tâches simples, mais essentielles", comme la gestion du courrier ou de l'agenda.

Les investigations portent aussi sur de possibles abus de biens sociaux alors que le propriétaire de La Revue des deux mondes, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche du candidat Les Républicains.

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Pas de mise en examen pour soupçons de faux, d'usage de faux et d'escroquerie aggravée

Elles ont également été élargies par le parquet national financier (PNF) notamment à des soupçons de faux et d'usage de faux et d'escroquerie aggravée. Les juges n'ont toutefois pas retenu les chefs de faux et d'usage de faux dans leur convocation adressée à Penelope Fillon, selon des sources proches du dossier.

Les soupçons d'escroquerie aggravée visent des pièces retrouvées à l'Assemblée nationale, notamment une fiche de renseignements sur laquelle l'épouse du candidat a déclaré en juillet 2012 un travail mensuel à La Revue des deux mondes de 14 heures, d'après les sources proches du dossier.

Les enquêteurs se demandent si ce chiffre aurait été minimisé pour respecter la limite légale du temps de travail cumulé quand elle était à la fois salariée par la revue littéraire et l'Assemblée de juillet 2012 à novembre 2013, deux emplois censés être à temps plein.

LR réplique

Distancé par Emmanuel Macron et Marine Le Pen dans les sondages, l'ancien Premier ministre a dénoncé la semaine dernière une "machination", accusant le président François Hollande d'animer un "cabinet noir" contre lui. Lundi, six responsables Les Républicains ont saisi le parquet pour des "infractions" commises selon eux par l'exécutif et relevées dans le livre "Bienvenue Place Beauvau".

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L'affaire François Fillon a débuté fin janvier avec le Penelope Gate : des révélations par le Canard enchaîné sur les salaires reçus par Penelope Fillon sans que la réalité de ses fonctions ne soit assurée, selon les dires de la presse. Elle s'inscrit dans une campagne présidentielle minée par les affaires judiciaires.

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La candidate du Front national Marine Le Pen est visée par des enquêtes également pour des soupçons d'emplois fictifs, mais au Parlement européen, et d'éventuelles fraudes sur le financement de campagnes électorales de son parti.

Plus récemment, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a dû démissionner le 21 mars, au lendemain de révélations sur des emplois à l'Assemblée octroyés à ses filles alors adolescentes.

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