Après avoir été monarchiste, avec un goût prononcé pour le social, Hugo devient républicain. Après les émeutes de 1848, il est député et hausse le ton contre ses amis "réactionnaires". Discours célèbre dont celui-ci, que je vous livre sous la forme d'extraits :Assemblée Nationale, 10 novembre 1848« Personne plus que moi, messieurs, n’est pénétré de la nécessité d’alléger le budget. Seulement, à mon avis, le remède à l’embarras de nos finances n’est pas dans quelques économies chétives et détestables. Ce remède serait, selon moi, plus haut et ailleurs. Il serait dans une politique intelligente et rassurante qui donnerait confiance à la France, qui ferait renaître l’ordre, le travail et le crédit.Je dis, messieurs, que les réductions proposées sur le budget spécial des sciences, des lettres et des arts sont mauvaises. Elles sont insignifiantes au point de vue financier.Je vais vous montrer combien le ravage serait grand.J’ai dressé cette nomenclature. Je demande à l’assemblée la permission de la lui lire.Les réductions proposées atteignent :Le collège de France,Le muséum,Les bibliothèques,L’école des chartes,L’école des langues orientales,La conservation des archives nationales,L’école des beaux arts de paris,L’école de dessin de Dijon,Le conservatoire,Les succursales de province,Les musées des Thermes et de ClunyNos musées de peinture et de sculpture.En outre, ces réductions atteignent dès à présent les théâtres. Quel est, j’en appelle à vos consiences, j’en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L’ignorance, encore plus que la misère. L’ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. On pourvoit à l’éclairage des villes,On allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans le monde moral, et qu’il faut allumer des flambeaux pour les esprits ?Si je veux ardemment, passionnément, le pain de l’ouvrier, le pain du travailleur, qui est mon frère, à côté du pain de la vie, je veux le pain de la pensée, qui est aussi le pain de la vie. Je veux multiplier le pain de l’esprit comme le pain du corps.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.