Depuis le début de l'année, les cours du pétrole affichent une progression de plus de 50%. Sur le seul mois d'octobre, ils ont progressé de près de 18%. On peut d’ores et déjà prévoir que l’on passera les fêtes de fin d’année avec un baril qui aura franchi les 100 dollars. On reviendrait alors à une situation déjà connue. En monnaie constante, en avril 1980, Le baril était monté à un peu plus de 101 dollars : 101 dollars 70 très exactement. C’était juste un an après la révolution iranienne. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : Il existe d’abord les manques de capacité de raffinage. Il y a des tensions géopolitiques, entre les Etats-Unis et l’Iran, mais aussi la Turquie qui menace d’intervenir dans le Kurdistan Iranien riche en pétrole. Des inquiétudes également sur un assèchement plus rapide que prévu des réserves mondiales. D’autre part, les stocks américains et européens sont au plus bas. Or à l’approche de l’hiver, il existe traditionnellement une tension sur la demande, tout simplement parce que dans l’hémisphère nord, les consommateurs doivent se chauffer. Enfin et surtout, il existe une demande très forte de la part des pays émergeants pour alimenter leur croissance. Les membres du G7 ont dressé ce constat lors de leur dernière réunion à Washington : C’est bel et bien la robustesse de la croissance mondiale qui est à l’origine de cette flambée. Ainsi dans leur dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, les experts du FMI remarquent qu'au cours du premier semestre de cette année, la demande de pétrole a augmenté de 1%. Elle était moitié moins élevée sur la même période de 2006. Il ne faut pas oublier enfin les phénomènes spéculatifs. On assiste en ce moment à un parallèle étonnant entre la hausse du prix du baril et la hausse de l’Euro. En effet, un dollar au plus bas encourage certains fonds d’investissements à acheter du pétrole bon marché puisque le baril est facturé et se règle en dollar. Dès lors qu’elle est la marge de manœuvre de l’OPEP ? Plus que jamais l’organisation montre qu’elle est devenue un simple groupe de pression. Le marché ne tient plus compte de ces déclarations. Sa philosophie reste toujours la même. L’organisation estime que l’équilibre du marché suffit toujours à fixer les prix. Or la situation actuelle montre qu’il n’en est rien. La planète ne manque pas d’or noir et elle ne risque pas d’en manquer à moyen terme. Le marché est bien approvisionné. A la mi-novembre les chefs d’Etat des pays de l’OPEP se réuniront à Ryad. Ce sera seulement la troisième réunion de ce type depuis la création du cartel. L’OPEP devra sans doute redéfinir une nouvelle stratégie avec les Etats consommateurs. C’est important pour les pays producteurs car si en ce moment cette hausse continue constitue pour eux un véritable Jackpot, sur le long terme, cette flambée peut se retourner contre eux car elle encourage les pays consommateurs à se tourner vers d’autres sources d’énergies et surtout à moins consommer de pétrole, un produit devenu trop cher et qui pourrait même devenir un produit de luxe dans quelques semaines.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.