[scald=81925:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le projet que François Hollande présentera d'ici la fin du mois sera "cohérent et crédible", a déclaré mardi à Reuters le directeur de campagne du candidat socialiste à l'élection présidentielle, Pierre Moscovici.

Pour l'ancien ministre des Affaires européennes, le projet "chiffré" sur lequel table l'équipe de campagne du candidat, l'ex-ministre de l'Economie Michel Sapin en tête, tient compte de la difficile "réalité" économique.

"Ce sera un projet court, précis, cohérent, crédible", a déclaré Pierre Moscovici à Reuters en marge des voeux de la première secrétaire du PS Martine Aubry, au siège du parti.

"Ce qui doit frapper, c'est la cohérence, le fait que l'on tient compte de la réalité. Donc le projet sera clairement chiffré, chiffrable, soumis à cette analyse-là. C'est un projet qui veut être cohérent et dynamique".

Face aux critiques de la droite, qui dénonce par avance la vacuité du projet de ses adversaires, Pierre Moscovici répond que le programme sera connu d'ici la fin du mois, qui verra le candidat Hollande prononcer le premier de ses sept grands discours de campagne le 22 janvier au Bourget (Seine-Saint-Denis).

"Patientons un tout petit peu, jusqu'au 22 janvier, nous serons dans notre tempo, un tempo que les Français comprennent parce qu'ils savent bien qu'une campagne c'est long", dit-il. "Surtout, pourquoi serions-nous sommés de présenter un projet alors que l'UMP feint de ne pas avoir de candidat ?"

Pierre Moscovici assure que les difficiles contraintes de la situation économique en France, avec des déficits publics élevés et un endettement de près de 1.700 milliards d'euros, n'empêchera pas la gauche d'agir si elle revient au pouvoir.

"DEVOIR DE VÉRITE"

"Crédible ne veut pas dire a minima, souligne-t-il. Que ne dirait-on pas si nous avions un projet qui présentait mille promesses alors que nous savons bien que les déficits sont ce qu'ils sont, que l'endettement public est insupportable et que la conjoncture internationale et nationale est celle d'une croissance extrêmement faible ?"

"Nous avons ce devoir de vérité, ce devoir n'est pas contradictoire avec un projet qui va entraîner", ajoute-t-il.

Le programme socialiste reprendra une partie des annonces déjà distillées ces derniers mois, la dernière en date concernant la modification du quotient familial, que François Hollande veut rendre "plus juste".

"Il ne faut pas s'attendre à ce que tout soit refait", explique Pierre Moscovici, qui rappelle que le texte final reprendra des propositions du projet du PS adopté au printemps, d'autres faites lors de la primaire ou plus récemment.

Le candidat propose notamment la création de 60.000 emplois sur cinq ans dans l'Education nationale, la création d'un "contrat de génération" incitant les entreprises à embaucher un jeune tout en gardant un senior ou encore la réduction de 75% à 50% d'ici 2025 la part du nucléaire dans l'électricité.

L'un des premiers actes de son quinquennat devrait être une loi de programmation financière qui inscrira noir sur blanc son intention de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 en vue d'un retour à l'équilibre à l'horizon 2017.

La loi de finances 2013 contiendra une vaste réforme fiscale incluant un rapprochement entre la CSG et l'impôt sur le revenu, que le candidat souhaite instaurer progressivement.

Une loi de finances rectificative pour corriger le budget 2012 voté par la droite est aussi envisagée, de même qu'un texte sur le financement de la sécurité sociale.

Le projet se construit pour l'heure sur des hypothèses de taux d'intérêts identiques à celles prises par le gouvernement pour son budget. Une situation qui pourrait évoluer si la France perd sa note "triple A" qui lui permet d'emprunter à des taux avantageux.

La cas échéant, ce serait pour Pierre Moscovici "un terrible aveu d'échec pour Nicolas Sarkozy dont toute la politique, y compris la politique européenne, a été construite avec des sacrifices et énormément d'austérité pour garder ce triple A".

"Il ne faut pas minimiser cela, mais ce n'est pas à nous de l'anticiper. Je souhaite sincèrement que les agents de notation soient dans une attitude positive."

Edité par Yves Clarisse

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