Un saut dans le grand bain pour Place Publique. Le mouvement citoyen fondé par l’essayiste Raphaël Glucksmann et une vingtaine de personnalités issues de la société civile, organise une rencontre à Montreuil ce jeudi soir pour parler des urgences sociales, économiques, écologiques et politiques à l'aube des européennes

Premier meeting jeudi à Montreuil pour Place publique,. Rencontre avec Thomas Porcher et Claire Nouvian
Premier meeting jeudi à Montreuil pour Place publique,. Rencontre avec Thomas Porcher et Claire Nouvian © AFP / Patrick Kovarik et Jacques Demarthon

Il sera beaucoup question de l'opposition à la politique d'Emmanuel Macron. Sur la mouvement du 17 novembre notamment, Place Publique comprend la colère des gilets jaunes.

Rencontre avec deux têtes pensantes du mouvement : l’économiste "atterré" Thomas Porcher et Claire Nouvian militante écologiste présidente de Bloom qui lutte contre la sur-exploitation des océans.
 

"Pas un meeting, une rencontre citoyenne"

Claire Nouvian : "ce n’est justement pas un meeting, c’est un moment de rencontre. En fait on est très sincères quand on dit que c’est un mouvement citoyen. On va sortir de l’omniscience et justement du personnage fulgurant qui connaît tout sur tout ou qui a peut-être un énorme cerveau. On a vu, Macron à un énorme cerveau, ça ne fait pas de lui quelqu’un qui a un énorme cœur."
 

Un mouvement citoyen 

Thomas Porcher : "Tous ceux qui veulent travailler avec nous sont les bienvenus. On n’est pas dans des négociations d’appareils qui ont pour but des transferts de politiques. Tout le monde est le bienvenu : un citoyen qui dans sa vie de tous les jours essaie d’en faire un peu plus, un militant associatif de quartier, un porte-parole d’ONG, tout le monde peut venir nous rejoindre à partir du moment où il partage les urgences écologique, démocratique, sociale et européennes. Européennes dans le sens où l’on doit transformer cette Europe qui impose aujourd’hui de l’austérité partout.
 

Sur le mouvement des gilets jaunes 

Claire Nouvian : "Si vous avez d’abord une politique fiscale injuste qui génère déjà la haine... La haine ! Nous, on vit en ville, on n’a même pas besoin d’avoir une voiture mais vous imaginez (si vous vivez en périphérie NDLR) vous ne pouvez pas vivre sans voiture, vous devez aller à la poste, au supermarché, votre enfant est malade. Sans voiture vous n’avez plus de vie. Ça veut dire quoi ? Que vous devez quitter votre logement ? 

Ça génère une violence dingue de se dire que d’un côté on demande à des gens qui n’ont pas les moyens de faire un effort, de porter le chapeau alors qu’on est face à l’absence de politique cohérente. Parce simultanément qu’est ce qu’on fait ? On donne un blanc seing à Total pour aller faire des forages en Guyane ! Et ce sont les mêmes multinationales qui devraient être mises à contribution qui ne participent pas à l’effort de guerre.
 

Sur élections européennes 

Thomas Porcher : "La question de la liste elle ne se pose pas aujourd’hui. Elle se posera plus tard. On ne veut pas diviser la gauche, on ne veut pas être un facteur de division supplémentaire. Mais en même temps on ne veut pas être contraints d’entrer dans ces partis si on veut investir la place publique. On peut créer d’autres formes de mobilisation. Et ça rencontre un certain succès. Près de 10 000 adhérents cette première semaine. On peut inventer d’autres formes de mobilisations politiques et c’est ce que l’on essaie de faire. Très modestement."

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