Plus d'un millier de personnes ont assisté ce mardi soir à Paris au rassemblement organisé par Place publique, le mouvement politique fondé par Raphaël Glucksmann, Thomas Porcher et Claire Nouvian. Ses sympathisants veulent rassembler la gauche, nous leur avons demandé comment ils comptaient faire.

Le mouvement Place publique a tenu son premier meeting parisien mardi soir à l'Elysée Montmartre.
Le mouvement Place publique a tenu son premier meeting parisien mardi soir à l'Elysée Montmartre. © Radio France / Thomas Schonheere

Pour son premier grand rassemblement parisien, Place publique a rempli l'Elysée Montmartre. Plus d'un millier de personnes ont assisté ce mardi soir au meeting de cette formation politique créée début novembre autour de l'essayiste Raphaël Glucksmann, de l'économiste Thomas Porcher et de la militante écologiste Claire Nouvian. Leur objectif : rassembler les forces de la gauche non-mélenchoniste pour éviter la "Bérézina" aux élections européennes de mai prochain. Comment comptent-ils s'y prendre ? Parole de sympathisants.

"Qu'ils se mettent d'accord" - Annie

"Raphaël Glucksmann a dit qu'il y croyait, alors j'y crois aussi", assène Annie. Cette retraitée, qui se décrit comme "orpheline" depuis la déroute de la gauche en 2017, ne veut plus voter "utile" comme au deuxième tour de la dernière élection présidentielle. "Glucksmann a rencontré les représentants des différents partis, il leur a présenté ses dix propositions (le mouvement a publié une liste de dix combats susceptibles de rassembler tous les partis de gauche aux élections européennes, ndlr) et a priori tout le monde est d'accord... J'espère qu'ils seront intelligents et qu'ils laisseront leur ego de côté, l'essentiel c'est qu'ils se mettent d'accord. Mais après, il va falloir trouver une tête de liste..." Oui, mais qui ?

"Ne pas aller séduire les représentants de l'ancienne politique" - Matthieu

"Je ne pense pas qu'on puisse créer l'adhésion uniquement avec un nom", estime Matthieu, 33 ans. Alors que le mouvement aimerait rallier Yannick Jadot (EELV) et Benoît Hamon (Générations) à sa cause, ce graphiste qui assiste à son premier meeting estime qu'il faut d'abord "rassembler de manière participative autour d'un projet". "Il ne faut pas essayer d'aller séduire les représentants de l'ancienne politique, poursuit Matthieu. Ceux qui voudront venir viendront, mais il faut déjà rassembler de manière horizontale."

"Rassembler autour d'idées" - Marion

Sur la scène de l'Elysée Montmartre, les intervenants successifs louent les débats organisés par le mouvement en local, afin de recueillir les avis des citoyens. C'est la bonne méthode, selon Marion, 29 ans, responsable de Master : "Rassembler autour d'idées et pas autour de personnes, c'est ce qui va pouvoir sauver la gauche: fédérer les gens, leur donner des occasions de se rencontrer et d'échanger, etc. On n'est pas tous d'accord à gauche, mais il faut qu'on ait la chance d'en débattre pour finalement se mettre d'accord sur une position commune."

Sympathisants ou simples curieux, plus d'un millier de personnes ont assisté au meeting de Place publique, mardi soir, à Paris.
Sympathisants ou simples curieux, plus d'un millier de personnes ont assisté au meeting de Place publique, mardi soir, à Paris. © Maxppp / Jan Schmidt-Whitley/Le Pictorium

"Donner la parole aux citoyens au quotidien" - Jean-Renan

Se mettre d'accord oui, mais sortir dans le même temps de la logique de parti selon Jean-Renan, qui fait du lobbying pour la défense des océans : "Il y a un espace politique à prendre et qui n'est pas pris par les citoyens. Dès que l'on se structure dans une écurie pour aller vers une élection, on n'est plus sur la bataille des idées, il n'y a plus que des militants qui veulent faire élire leur poulain.On va essayer de faire mieux en se disant que nous, on n'est pas des professionnels de la politique. C'était la promesse d'En Marche, sauf que c'était pour élire un chef, pas pour donner la parole aux citoyens au quotidien et faire remonter les vraies solutions de terrain."

"Y aller pas à pas" - Martine

Rassembler la gauche, mais à quelle échéance ? L'objectif affiché par les figures de Place publique, ce sont les élections européennes. Mais beaucoup de sympathisants dans la salle sont prudents et préfèrent miser sur le plus long terme. Martine, elle, est venue en "curieuse" : "Il faut y aller pas à pas, estime cette retraitée. Regardez le temps que Mitterrand a mis pour faire l'union de la gauche. Que ce soit Jadot ou Hamon, ils veulent imposer leur propre ligne et leur propre analyse. Je pense que, pour l'instant, ils ne sont pas prêts à faire des compromis. Peut-être aussi que l'enjeu des européennes ne leur paraît pas assez décisif..."

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