Le mouvement initié par l'essayiste Raphaël Glucksmann, la militante écologiste Claire Nouvian, l'économiste Thomas Porcher et le maire Jo Spiegel, a réuni ce jeudi les responsables des partis de gauche pour les convaincre qu'il y a urgence à s'unir pour les européennes. Et ça n'est vraiment pas gagné.

L'essayiste Raphaël Glucksmann lors du premier meeting de Place Publique, à Montreuil, le 15 novembre 2018.
L'essayiste Raphaël Glucksmann lors du premier meeting de Place Publique, à Montreuil, le 15 novembre 2018. © Maxppp / Thomas Padilla

Ils voulaient les persuader de faire liste commune... et ils s'accrochent. Les initiateurs du mouvement Place Publique, lancé en novembre, ont réuni les partis de gauche, à cinq mois des élections européennes. Mais c'est mal parti : la France Insoumise et Europe Écologie Les Verts (EELV) étaient les grands absents de la réunion.

Noël Mamère, retraité politique écologiste, était tout de même venu donner un coup de main (et un coup de pelle) sur l’initiative Ségolène Royal. "Elle n'est pas la première à jouer le grand retour mais sans vouloir lui faire offense, elle n'a rien à apporter à l'écologie sociale et politique", assène l'ancien député EELV.

Y aller séparés, "c'est la certitude du fiasco"

Officiellement, tout le monde est ravi, du PS à Génération.s en passant par le Parti communiste. Les discussions ont été franches, d'après les principaux intéressés. Durant la réunion, ils ont abordé plusieurs thèmes : préservation du vivant, climat, revenu universel, "gilets jaunes". "On va continuer de se voir parce qu’il y a urgence", assurent-ils.

Concrètement, qu’est ce qu’il faudrait faire selon eux ? Pour Raphaël Glucksmann, l’un des initiateurs de Place Publique, il faut une liste commune : "On a une responsabilité historique. Si tout le monde y va séparé, c'est la certitude du fiasco, et c'est la seule manière pour Emmanuel Macron d'être sauvé. Mais s'ils veulent le sauver, sauvons Emmanuel Macron ! Le problème qui se posera à nous, c'est qu'après, on aura Le Pen. La gauche y aura contribué, ce sera une catastrophe. Mais nous, on aura tout fait pour empêcher ça."

Mais ça n'est pas gagné pour aboutir à cette liste commune. L’un des participants, en sortant de la réunion, avait cette petite phrase : "Vous nous voyez faire campagne avec le PS ? Mariés cinq ans avec le libéralisme en Europe, qui veut épouser la cause sociale et écologique aujourd’hui ? Nous, on n’est pas polygames."

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