La République en Marche travaille sur un plan (et un calendrier !) pour récupérer les cadres et les élus du PS les plus "constructifs". Scandalisé, Olivier Faure annonce à France Inter qu'il envisage de porter plainte.

Sibeth NDiaye et Jean-Marie Girier au premier plan, dans la cour de l'Élysée
Sibeth NDiaye et Jean-Marie Girier au premier plan, dans la cour de l'Élysée © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le PS fait encore des envieux. Le Point révèle jeudi dans un indiscret que les proches d'Emmanuel Macron travaillent sur un calendrier d'actions à mettre en œuvre pour séduire les cadres et les élus les plus réformistes du parti à la rose. Olivier Faure, le patron du PS, crie à la "barbouzerie", demande au président de l'Assemblée nationale de tirer au "clair" cette affaire et envisage de donner des suites judiciaires à cette affaire.

À la question de savoir s'il allait porter plainte, Olivier Faure répond : "Nous nous réservons toute possibilité de le faire". "Nous avons saisi un avocat, et nous sommes en train d’étudier les moyens et les procédures que nous allons pouvoir employer. Car il n’est pas admissible que nous ayons au cœur de l’État des gens qui utilisent ses moyens non pas pour servir l’intérêt général mais pour détruire la concurrence", déclare-t-il à France Inter jeudi soir.

Contacté par nos soins, un cadre LREM reconnait l'existence de cette note. "Cette note est bien vraie. C’est une note politique d’un conseiller politique, adressée à une personnalité politique. Elle n’a jamais été transmise au président de la République contrairement à ce qu’écrit le Point. C’est une réaction assez pathétique de Faure qui découvre à la fois que nous faisons de la politique, et surtout que ses troupes fondent comme neige au soleil." 

Une note détaillée pour draguer les "constructifs" du PS

Tout a commencé jeudi avec la publication d'un indiscret du Point. "Dans une note à en-tête de l'Assemblée nationale datée du 21 juin, Jean-Marie Girier, directeur du cabinet de Richard Ferrand, expose à Emmanuel Macron les moyens de dépecer le Parti socialiste", raconte le magazine, le tout pour faire venir dans la majorité "les constructifs" du PS.

Dans la foulée de la publication de l'article, Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a publié la fameuse note du directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale Jean-Marie Girier. Cette dernière, adressée à "PRÉSIDENCE", s'intitule "Note à l'attention du Président".  Pour rappel, son auteur était directeur de campagne d'Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017.

Le but de ce projet : "rassembler des maires socialistes sortants" avant d'attirer "d'anciens ministres et parlementaires du quinquennat Hollande". Mais attention avec ces derniers, prévient la note : "Il conviendra d'être prudent pour éviter l'image d'une amicale d'anciens combattants" qui ne serait pas bien perçue par la base électorale de LREM.

Dans la partie calendrier de cette note, M. Girier liste les dates clés. "Juin: lancement d'un premier appel des sénateurs". "Juillet: tribune des réformateurs". Au 24 août il est prévu de "publier une tribune lançant la structure" censée accueillir les recrues du PS. En  septembre, "vague d'investitures et de soutien LREM à des maires socialistes".

Jean-Mare Girier précise aussi que la création d'un parti politique serait "totalement inadaptée aux enjeux et aux attentes". L'ancien directeur de campagne d'Emmanuel Macron précise qu'un "cercle" ou "collectif" serait plus judicieux. Sans jamais demander aux gros poissons de "quitter le Parti socialiste".

"Un détournement de fonds publics", pour Olivier Faure

Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a appris l'affaire dans la presse. "Ce qui est choquant, c'est d'avoir des gens payés par l'État et l'Assemblée nationale, et qui utilisent leur temps de travail à des fins partisanes", dit-il à France Inter.

"Que la LREM n'arrive pas à constituer de liste, qu'elle n'arrive pas avoir de projets municipaux et qu'elle préfère se livrer à un braconnage auprès des uns et des autres est son affaire, et c'est de bonne guerre. Mais ça, ça s'appelle un détournement de fonds publics."

Sur les réseaux sociaux, Olivier Faure compare le parti de la majorité avec le Rassemblement national, qui est mis en examen au Parlement européen pour les mêmes raisons. 

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