Le président de la République présentait ce matin son plan de lutte contre la pauvreté en France, très attendu. Il a appelé à ne pas s'habituer au "scandale de la pauvreté". Au programme notamment, le développement de repas à un euro dans les cantines et un futur "service public de l'insertion" dans l'emploi.

Emmanuel Macron le 5 septembre 2018 à l'Élysée
Emmanuel Macron le 5 septembre 2018 à l'Élysée © AFP / Ludovic Marin

C'est "un combat neuf" qu'il dit vouloir initier, un combat "indispensable, vital pour notre pays, celui de décider résolument de ne plus oublier personne". Emmanuel Macron présentait ce jeudi au musée de l'Homme à Paris son plan de lutte contre la pauvreté, avec un mot d'ordre : appeler "les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée". Une manière d'essayer de retourner l'expression "premiers de cordée" qui lui avait valu de nombreuses critiques il y a un an.

Car il y a effectivement urgence : la France comptait en 2016, selon les derniers chiffres de l'Insee, environ 8,8 millions de personnes pauvres (des personnes qui touchent moins de 60 % du revenu médian de la population, soit 1026 euros par mois pour une personne seule). C'est presque une personne sur sept.

Evolution du taux de pauvreté en France selon l'Insee
Evolution du taux de pauvreté en France selon l'Insee © Visactu

Parmi les principales mesures pour lutter contre ce phénomène, Emmanuel Macron souhaite miser sur la génération qui arrive : "il y a dans chaque enfant, à commencer par un enfant qui naît dans une famille pauvre, un Mozart qu'on assassine parce qu'on décide de fait qu'il n'a aucune chance de devenir Mozart", explique-t-il. Il annonce donc 50 millions d'euros consacrés à l'aide sociale à l'enfance.

Pour réparer certains déséquilibres à l'école, il souhaite également étendre le repas à un euro dans les cantines scolaires, pour les plus fragiles, et des petits-déjeuners financés par un fonds spécifique dans des écoles prioritaires. Les crèches devront aussi être plus ouvertes aux enfants de quartiers prioritaires ou défavorisés, avec des bonus financiers aux collectivités.

Histoire de lutter contre le décrochage scolaire, l'obligation de formation passera de 16 ans actuellement à 18 ans, avec des moyens supplémentaires pour repérer les décrocheurs et leur proposer des formations. Le dispositif "garantie jeune", pour les personnes de 16 à 25 ans particulièrement éloignées de l'emploi, concernera  d'ici la fin du quinquennat 500.000 jeunes (contre 100.000 actuellement).

Enfin, la CMU (couverture maladie universelle) sera elle aussi étendue à plusieurs millions de personnes

Favoriser le retour au travail

Le deuxième pilier de ce plan consiste à trouver un emploi à chacun, puisque l'exécutif estime que "le retour au travail est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté". Cela passe par "le développement massif de dispositifs d'insertion par l'activité économique". L'objectif étant d'étendre des dispositifs existants (chantiers d'insertion, territoires zéro chômeur, travail alternatif payé à la journée) à 100.000 personnes supplémentaires, contre 140.000 aujourd'hui.

Mais Emmanuel Macron veut aussi changer la manière dont fonctionnent les minimas sociaux. Il annonce ainsi une loi d'ici 2020, pour créer "un revenu universel d'activité", qui serait en fait une simple fusion de plusieurs prestations sociales existantes. L'État en serait "entièrement responsable", selon lui, avec un système de "droits et devoirs supplémentaires".

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