Le parti écologiste français a convaincu presque quatre fois plus d'électeurs de s'inscrire à sa primaire qu'en 2011, sept fois plus qu'en 2016. Une assise plus solide que pour les précédents scrutins, mais qui reste loin, notamment, des 4,4 millions de votants au second tour de la primaire de droite en 2016.

Les candidats à la primaire EELV dans les studios de France Inter le 5 septembre 2021
Les candidats à la primaire EELV dans les studios de France Inter le 5 septembre 2021 © Radio France

Les primaires ouvertes, les écologistes commencent à connaître : c'est bien simple, sur les six qui ont été organisées en France, trois sont le fait d'Europe Ecologie Les Verts (en 2011, 2016 et 2021). Mais jusqu'à aujourd'hui, elles n'avaient jamais dépassé le seuil symbolique des 100.000 inscrits. C'est désormais chose faite, avec 122.670 électeurs inscrits pour la primaire qui aura lieu du 16 au 19 septembre (pour le premier tour) puis du 25 au 28 septembre (pour le second). Les inscriptions se sont achevées ce dimanche à minuit.

Un chiffre jamais atteint jusqu'ici par une primaire ouverte écologiste. En 2011, un peu moins de 33 000 personnes s'étaient inscrites (la primaire avait alors adoubé Eva Joly pour la présidentielle 2012), puis un peu plus de 17 000 en 2016 pour désigner Yannick Jadot comme candidat.

Outre l'intérêt croissant de l'électorat pour les questions écologiques, le succès de la primaire édition 2021 peut notamment s'expliquer par une plus grande ouverture. Il suffisait en effet pour pouvoir s'inscrire d'avoir au moins 16 ans, de signer une charte d'adhésion à un certain nombre de valeurs et payer une participation de 2 euros (contre 5 euros en 2016 et 10 euros en 2011).

Pour autant, cette primaire n'atteint pas les records enregistrés par les primaires de la gauche et de la droite lors des précédentes élections. En 2016, par exemple, pour la primaire de la droite et du centre (qui avait désigné François Fillon), plus de 4,4 millions de personnes avaient voté lors du second tour ; 2,8 millions d'électeurs pour la primaire citoyenne de 2011 (qui avait vu François Hollande l'emporter face à Martine Aubry) ; et enfin 2 millions pour la primaire "ouverte aux acteurs de la Belle Alliance populaire" (qui avait désigné Benoît Hamon comme candidat de la gauche en 2017).

Des scores qui ne présagent pas de celui obtenu ensuite à l'élection elle-même, les candidats désignés rassemblant souvent plus de voix lors du scrutin que pendant la primaire. Une exception : Yannick Jadot, vainqueur de la primaire écologiste en 2017, avait retiré sa candidature au profit de Benoît Hamon, lui-même vainqueur de la primaire socialiste. Il avait alors suivi l'avis des électeurs de sa primaire, qui avaient revoté pour l'occasion.