Le Premier ministre a prononcé ce mercredi à l'Assemblée nationale son deuxième discours de politique générale. Impôts, sécurité, santé, économie, écologie : voici ce qu'il faut retenir.

Édouard Philippe lors de son deuxième discours de politique générale
Édouard Philippe lors de son deuxième discours de politique générale © Capture d'écran

La PMA pour toutes

Le projet de loi bioéthique, comprenant la PMA pour toutes,  "est prêt" et sera présenté en Conseil des ministres dès juillet et examiné "fin septembre" à l'Assemblée nationale, a annoncé le Premier ministre. 

"Je suis persuadé que nous pouvons atteindre une forme de débat serein, profond, sérieux, à la hauteur des exigences de notre pays. C'est mon ambition en tout cas", a lancé le Premier ministre, recevant une ovation debout d'une partie de l'hémicycle.  

"Sur certaines questions, comme l'accès aux origines, le régime de filiation en cas de PMA avec tiers donneur, plusieurs options étaient possibles, et le gouvernement a retenu celles qui lui semblaient les plus à même de permettre un débat apaisé", a estimé le Premier ministre.

Les impôts

Le Premier ministre a annoncé des baisses d'impôts sur le revenu pour les classes moyennes qui permettront d'atteindre le chiffre "historique" de 27 milliards de réduction de la fiscalité sur les ménages sur le quinquennat :     

"Au total, les impôts des ménages baisseront durant ce quinquennat de 27 milliards d'euros".

"Le taux d'imposition de la première tranche de l'impôt sur le revenu, qui regroupe 12 millions de foyers, sera abaissé de trois points. Cela représente un gain moyen par foyer de 350 euros, soit, à ce niveau, un tiers de l'impôt en moyenne", a-t-il expliqué.

La taxe d'habitation sur les résidences principales sera entièrement supprimée pour tous les Français d'ici à 2023.

Le gouvernement souhaite également mieux associer les salariés aux bons résultats de leur entreprise. La prime exceptionnelle versée cette année sera reconduite pour un an, en 2020, dans la limite de 1 000 euros par bénéficiaire. 

L'âge légal de départ à la retraite reste à 62 ans

L'âge légal du départ à la retraite possible sera maintenu à 62 ans, mais un "âge d'équilibre" et "des incitations à travailler plus longtemps" seront définis. Edouard Philippe a confirmé la fin des régimes spéciaux en conservant l'intégralité des droits acquis. "Un euro cotisé ouvrira les mêmes droits pour tous."

"Nous définirons un âge d'équilibre et des incitations à travailler plus longtemps (...) en ne bougeant pas l'âge légal".

L'écologie

Déclarant qu'il fallait "défendre aussi bien le climat que le pouvoir d'achat", Edouard Philippe a ouvert son discours par les sujets écologiques, ambition qui sera selon lui "au coeur de l’acte II".

"L'urgence de cet acte II c'est l'écologie. Ces 12 prochains mois seront ceux de l'accélération écologique."

L'ambition écologique proclamée par le gouvernement se traduira également par des mesures contre le gaspillage, avec l'objectif de parvenir à 100% de plastique recyclé comme l'exécutif l'a déjà promis.  A cette fin, les produits en plastique jetables seront bannis de l'administration dès 2020 et la future loi antigaspillage, à venir à l'Assemblée nationale, prévoira la possibilité d'imposer l'incorporation de plastique recyclé dans les bouteilles à usage unique, a dit Edouard Philippe. Le projet de loi de lutte contre le gaspillage figurera dans les "priorités" de l'Assemblée en septembre.

Le premier ministre a rappelé que la centrale de Fessenheim serait fermée d'ici fin 2020.

Le chef du gouvernement a souhaité que les projets de loi sur la mobilité et l'énergie-climat soient adoptés "avant l'été" et que "les aides existantes à la rénovation énergétique" soient remises "totalement à plat". 

La santé

"Nous sommes tous choqués par les images des urgences. La situation de ces services traduit un profond malaise", a reconnu Édouard Philippe. Le premier ministre souhaite rendre obligatoire le "nutriscore" sur les emballages alimentaires.

La réforme de l'assurance-chômage

Le projet de loi sera présenté le 18 juin en Conseil des ministres. Édouard Philippe affirme vouloir mettre fin au recours abusif aux contrats courts. Dans les 5 à 10 secteurs les plus concernés, un système de bonus-malus sera mis en place. 

"Nous devons faire en sorte que le travail paye plus que l'inactivité. C'est le cas mais il existe des situations où ce n'est pas le cas.  Nous devons y mettre fin"

Le gouvernement souhaite également introduire une dégressivité pour les plus gros salaires "qui pourront retrouver un emploi plus facilement".

L'éducation

La règle des 24 élèves maximum par classe en CP et CE1, mise en place dans les zones prioritaires, sera étendue à tout le territoire. 

Les familles monoparentales

Ouverture de 30 000 places supplémentaires en crèche et 600 000 postes de professionnels de la petite enfance. 

Les pensions alimentaires pourront être "automatiquement prélevées", "dès juin 2020", par la Caisse d'allocations familiales (CAF) pour lutter contre "le risque d'impayé", a annoncé Edouard Philippe.  Dès juin 2020, le gouvernement mettra en place un nouveau système pour protéger les personnes seules contre le risque d'impayé des pensions alimentaires.

L'immigration

Le gouvernement organisera "chaque année un débat au Parlement" sur la politique d'asile et d'immigration, et le premier aura lieu en septembre, a annoncé Edouard Philippe. 

Ces questions "touchent aux fondements de notre souveraineté et de nos principes", a expliqué le Premier ministre. 

"Il est donc nécessaire d'en débattre de manière régulière et au grand jour avec le Parlement". 

Les personnes âgées

"Dès le prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, nous enclencherons une première étape, avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes)", a dit le chef du gouvernement.  

En outre, "à la fin de l'année", la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, présentera "un projet de loi qui définira une stratégie et la programmation des moyens nécessaires pour prendre en charge la dépendance", a-t-il ajouté.  Cette réforme "sera un autre grand marqueur social de ce quinquennat, peut-être un des plus importants", selon Edouard Philippe.

La décentralisation

Les décisions administratives devraient être prises "plus près" du terrain. le Premier ministre souhaite créer 300 maisons "France service" dès janvier. 

Les principaux points du discours d'Edouard Philippe
Les principaux points du discours d'Edouard Philippe © Visactu
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