En visite à Tourcoing (Nord), ce lundi, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures en faveur des habitants des quartiers populaires. Entre le retour des emplois francs et la chasse aux discriminations à l'embauche, il a promis qu'aucune commune concernée par la politique de la ville ne perdrait de crédit en 2018.

Emmanuel Macron présente ses mesures à Tourcoing
Emmanuel Macron présente ses mesures à Tourcoing © Maxppp / François Flourens

Un "plan de mobilisation générale" : c'est ainsi qu'Emmanuel Macron qualifie la feuille de route qui sera dévoilée au terme d'une concertation, d'ici à février prochain, en faveur des habitants des quartiers populaires. Des quartiers d'où la République a, selon lui, "démissionné" ces dernières années.

En attendant la présentation de ce grand plan, le chef de l'État a annoncé, depuis Tourcoing, où il était en déplacement, quelques mesures, notamment le retour des emplois francs et le maintien de toutes les dotations en 2018 pour les communes concernées par la politique de la ville.

Retour des emplois francs

"Ceux qui habitent les villes les plus pauvres sont des enfants de la République ont droit à la même réussite que les autres", a-t-il déclaré. "Ils ne demandent pas de l'aide, des subventions, des contrats de seconde zone, des dispositifs spécifiques", a-t-il ajouté, en réponse à ceux qui ont critiqué la suppression des contrats aidés.

Qui veut un contrat aidé ? Que ceux qui les défendent les prennent ! Ils n’en voudraient pas pour eux-mêmes.

Pour favoriser l'accès de tous à l'emploi, le chef de l'État mise plutôt sur les emplois francs – un dispositif, lancé puis abandonné par la précédente majorité, qui accorde une prime aux entreprises embauchant un habitant d'un quartier populaire. Le dispositif sera testé dès 2018, avant une généralisation en 2020. Le public concerné recouvre désormais tous les demandeurs d'emploi sans critère d'âge, et le montant de l'aide est de 5 000 euros par an sur trois ans pour une embauche en CDI, et de 2 500 euros par an sur deux ans pour un CDD de plus de six mois.

Lutte contre les discriminations et la radicalisation

Il a reçu le soutien de l'ancien ministre de la Ville Jean-Louis Borloo, père de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), qui s'est dit prêt à contribuer à la mise en place de ce plan. Par ailleurs, Emmanuel Macron a confié la présidence de l'Anru à Olivier Klein, le maire de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Il a également annoncé le lancement d'un "grand plan de lutte contre les discriminations", notamment en intensifiant les campagnes de "testing" lancées par le ministère du Travail sous le quinquennat précédent. A l'heure actuelle, 17 % des habitants de quartiers se déclarent victimes de discrimination en raison de leur origine.  Il faut "traquer les employeurs qui ne respectent pas ce qui est dans la loi qui interdit la discrimination à l'embauche comme à la promotion" et "pénaliser les entreprises qui ont recours à ces pratiques", a dit Emmanuel Macron, qui souhaite rendre public le nom des entreprises "les plus délinquantes".

Il a en outre fait une priorité de la lutte contre la radicalisation, qui "s'est installée" dans certains quartiers "parce que la République a démissionné", et annoncé "une quinzaine de plans de lutte" contre ce phénomène d'ici au début de l'année 2018, sans plus de précisions.

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