François Fillon au tribunal correctionnnel
François Fillon au tribunal correctionnnel © Emmanuel Leclère

L'ancien Premier ministre poursuit le secrétaire général de l'Élysée et deux journalistes du Monde en diffamation. Coupables selon lui d'"opération visant à le décrédibiliser" et de "semer la zizanie à l'intérieur de sa famille politique".

En novembre dernier, les deux journalistes avaient affirmé dans Le Monde et dans leur livre "Sarko s'est tuer" que, lors d'un déjeuner à Paris le 24 juin 2014, François Fillon avait demandé à Jean-Pierre Jouyet, son ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes, que l'Elysée accélère les poursuites contre l'ancien président, pour entraver son retour.

Devant le tribunal correctionnel de Paris l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a lu une déclaration écrite :

Je n’accepte pas une telle salissure dont je ne conçois que trop les motifs. Je n’accepte pas qu’on me prête des attitudes abjectes que toute ma vie politique vient démentir. J’ai toujours manifesté, dans l’exercice des fonctions publiques le respect du droit et des juges.

Le récit de l'audience avec Emmanuel Leclère

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Pour François Fillon, Jean-Pierre Jouyet était en service commandé

"J'aurais été remettre mon destin et mon honneur entre les mains de mes adversaires politiques ? Ça n'a aucun sens"

L'adversaire peut-être un ancien allié, c'est en tout cas ce qu'a été Jean-Pierre Joyet, secrétaire général de l'Elysée, mais aussi ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes du gouvernement Fillon. Jeudi matin il est revenu en partie sur ses propos - enregistré en septembre par les journalistes du Monde - en disant avoir effectivement parlé, lors de ce déjeuner, de certaines affaires pouvant éclabousser l'ancien chef de l'Etat.

Pour François Fillon, Joyet "était en service commandé" dans le cadre d'une "opération" visant à le "décrédibiliser" et à "semer la zizanie" dans sa famille politique ; "à aucun moment nous n'avons évoqué des affaires" a-t-il dit.

Le troisième participant au déjeuner, Antoine Gosset-Grainville, qui fut successivement directeur adjoint de cabinet de François Fillon à Matignon et bras droit de Jean-Pierre Jouyet à la Caisse des dépôts, a soutenu la version du député UMP.

Jean-Pierre Jouyet n'est pas à l'audience.

Les journalistes du Monde, présents, disent avoir eu écho de cette conversation entre les deux hommes par le biais d'une source à l'UMP et maintiennent leur version des faits. Pour eux la source première n'est pas Jouyet. Celui-ci ne vient que confirmer une information.

Une partie de leur conversation avec Jean-Pierre Jouyet a diffusée ce jeudi après-midi à l'audience.i> Télé a reussi à se la procurer

A l'issue des débats, le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré à plusieurs semaines.

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